Lors de l’Assemblée Générale de Foutti Laffidi, tenue ce dimanche 16 novembre à Conakry, l’ancien ministre de la justice Alphonse Charles Wright, est revenu sur l’une des avancées les plus sensibles et longtemps attendues : l’indemnisation des victimes du massacre du 28 septembre 2009. Une étape qu’il qualifie d’historique, tant pour les survivants que pour l’État guinéen, longtemps accusé de n’avoir pas su assumer ses responsabilités.
Pour lui, il était impératif que « l’État devait réparer ce qu’il n’a pas su empêcher. »
Selon l’ancien garde des sceaux, la question de la réparation ne relève ni d’un geste symbolique, ni d’une faveur politique. Elle découle d’un principe simple : lorsque l’État faillit à protéger des citoyens, il doit réparer.
« Si l’État avait assumé sa responsabilité le 28 septembre 2009, on ne poserait pas cette question aujourd’hui. Mais puisqu’il ne l’a pas fait, il lui revient de réparer », affirme-t-il.
L’ancien ministre revendique par ailleurs être le principal initiateur de la loi sur la réparation en République de Guinée, un cadre juridique qui n’existait pas auparavant et qui permet aujourd’hui l’indemnisation officielle des victimes du massacre.
Selon lui, cette loi a ouvert un espace inédit pour reconnaître le préjudice subi par les centaines de femmes, hommes et familles touchés par les violences au stade de Conakry.
Il rappelle cependant que ce processus n’a pas été simple :
« Certains se sont livrés à des interprétations fantaisistes pour contester la légitimité de la compensation. »
Pour Charles Wright, il s’agissait d’une tentative d’affaiblir l’esprit même de la loi, voire de diluer la responsabilité de l’État dans une lecture erronée du droit.
Mais la position de l’ancien ministre reste sans équivoque : “celui qui cause le préjudice doit le réparer”.
Et dans ce dossier, même si les auteurs directs sont visés par la justice, l’État porte une responsabilité institutionnelle qu’il ne peut éluder.
Alphonse Charles Wright, rappelle avoir côtoyé des victimes pendant des mois, partagé leur quotidien, vu leurs blessures physiques et psychologiques :
« Ces femmes, je les ai accompagnées matin, midi, soir. Je sais ce qu’elles ont subi. »
Houssainatou Bah, pour foutakameen.com

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