Éducation : grève suspendue, gouvernement et syndicats reprennent langue, mais le spectre de la grève plane

Éducation : grève suspendue, gouvernement et syndicats reprennent langue, mais le spectre de la grève plane

Les négociations entre le gouvernement guinéen et l’intersyndicale de l’éducation — composée du SNE, du SLECG et de la FSPE — ont repris ce mercredi 12 décembre 2025 au ministère du Travail et de la Fonction publique. Une rencontre jugée déterminante par les syndicats, qui y voient un tournant après plusieurs semaines de crispations dans le secteur éducatif. À la sortie des échanges, Aboubacar Diesto Camara, porte-parole de l’intersyndicale, a fait le point sur les avancées obtenues.

Pour Aboubacar Diesto Camara, la première avancée est d’avoir pu relancer officiellement les pourparlers avec le gouvernement.

« Ça a été une grande victoire pour l’Intersyndicat de l’Éducation de faire en sorte que les négociations reprennent aujourd’hui », a-t-il déclaré, évoquant également la validation d’un ensemble de points prioritaires constituant la base de la discussion.

Le porte-parole de l’intersyndicale de l’éducation a aussi insisté sur un développement important sur le plan syndical.

« l’unité syndicale retrouvée » entre les trois organisations, une unité qui avait été « en déchirure à un moment donné entre la FSPE, le SNE et le SLEG ». Selon lui, cette cohésion renforcée donne désormais plus de poids à leurs revendications.

Au cours de la séance, l’intersyndicale dit avoir obtenu la réintégration de trois points essentiels, qui ne figuraient pas dans l’agenda initial du gouvernement :

Les indemnités de logement et de transport

Elles n’étaient « pas prévues dans la discussion », souligne le syndicaliste. Leur inclusion constitue, selon l’intersyndicale, un pas significatif vers la revalorisation des conditions de vie du personnel enseignant.

– L’engagement des enseignants contractuels non retenus, y compris ceux de Conakry

Ce point avait été « au départ rejeté par la partie gouvernementale », mais revient désormais en « bonne place dans la discussion ». Pour les syndicats, il s’agit d’un enjeu majeur, au cœur des frustrations exprimées par la base.

– Le paiement des primes de fonction des cadres du secteur de l’éducation

Le gouvernement souhaitait conditionner ce paiement à la signature du statut particulier, mais les syndicats affirment avoir obtenu un changement d’approche.

« Nous avons essayé d’aller d’argument en argument et à tourner la main au gouvernement pour que cette injustice soit réparée », explique Aboubacar Diesto Camara.Selon l’intersyndicale, la suite des négociations dépend désormais de la réponse gouvernementale. Le ministre présent lors de la séance « n’était là que pour le lancement » et ne participait pas au débat technique. Les représentants de l’État doivent donc consulter les ministres et techniciens concernés avant de revenir à la table des négociations.

Les syndicats attendent ces propositions dès dimanche, afin de pouvoir présenter des conclusions à la base le lundi, « de Conakry jusqu’à l’intérieur du pays ».

L’intersyndicale brandit la menace d’une grève nationale

En cas d’échec des discussions, l’intersyndicale se dit prête à durcir le ton. Elle mentionne la possibilité de « déclencher une grève sur toute l’étendue du territoire national » si des « manœuvres dilatoires ou superfétatoires » venaient bloquer les avancées sur les trois points identifiés.

La société civile, à travers le CNOSCG, ainsi que le mouvement syndical guinéen, ont également affiché leur soutien à la dynamique de négociation. Ces organisations affirment qu’en cas de blocage, elles « n’hésiteront pas aussi d’un jour à accompagner la grève ».

Houssainatou Bah pour foutakameen.com

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