Les États-Unis annoncent l’instauration d’une nouvelle exigence relative à l’acquisition du visa américain pour les citoyens guinéens. À compter du 1er janvier 2026, les ressortissants de treize pays, dont ceux de la Guinée, devront désormais déposer une caution pouvant atteindre 15 000 dollars pour obtenir un visa de court séjour de type B1/B2 (affaires ou tourisme). Parmi les pays concernés figurent notamment la Guinée, la Mauritanie, la Gambie, le Malawi et la Zambie.
L’information a été révélée par l’ambassadeur des États-Unis en Guinée via sa page officielle du réseau social Facebook, qui détaille les nouvelles dispositions arrêtées par le Département d’État américain.
Cette mesure s’inscrit dans un programme pilote mis en place en application de l’article 221(g)(3) de l’Immigration and Nationality Act (INA). Elle vise officiellement à lutter contre les dépassements de durée de séjour, identifiés à partir des statistiques du Département de la Sécurité intérieure (DHS).
Une caution décidée lors de l’entretien consulaire
Dans les faits, même lorsqu’un demandeur est jugé éligible au visa B1/B2, il pourra être tenu de verser une caution de 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars, selon l’évaluation faite par l’agent consulaire au moment de l’entretien. Le paiement s’effectue exclusivement via la plateforme officielle du Trésor américain, Pay.gov, et uniquement sur instruction explicite des services consulaires.
Les autorités américaines précisent que le dépôt de la caution ne constitue en aucun cas une garantie d’obtention du visa. Tout paiement effectué sans autorisation préalable est considéré comme non remboursable.
Des conditions de voyage strictement encadrées
La contrainte ne s’arrête pas à la délivrance du visa. Les titulaires ayant déposé une caution devront entrer et quitter les États-Unis uniquement par trois aéroports désignés : Boston Logan, New York John F. Kennedy (JFK) et Washington Dulles.
Tout non-respect de cette obligation, qu’il s’agisse d’un point d’entrée différent ou d’une sortie non conforme, peut entraîner des sanctions administratives, voire la perte de la caution.
Séjours surveillés et sanctions possibles
Le Département de la Sécurité intérieure se réserve le droit de transmettre à l’USCIS tout dossier suspecté de violation des conditions de la caution. Cela concerne notamment les cas de dépassement de séjour, de maintien sur le territoire au-delà de la durée autorisée, ou encore de demande de changement de statut, y compris une demande d’asile.
Ces dispositions renforcent considérablement le suivi des voyageurs concernés, du moment de leur entrée sur le territoire américain jusqu’à leur départ effectif.
Une mesure aux effets dissuasifs
Si Washington assume une logique de prévention des abus migratoires, cette exigence financière suscite déjà des interrogations et des commentaires. Pour de nombreux citoyens des pays concernés, mobiliser plusieurs milliers de dollars constitue un obstacle majeur, rendant l’accès au visa de facto plus restrictif et plus difficile.
Au-delà de la dimension administrative, cette réforme introduit une nouvelle réalité : l’accès au territoire américain pour un séjour temporaire repose désormais aussi sur une capacité financière élevée, posant la question de l’équité et de l’égalité de traitement entre les voyageurs.
Par contre les autorités américaines annoncent que la caution versée sera automatiquement restituée aux personnes ayant honoré l’ensemble des conditions du visa.
Reste à savoir si ce programme pilote restera limité à ces treize pays ou s’il préfigure une évolution plus large de la politique migratoire américaine. Pour l’heure, le signal est clair : voyager aux États-Unis ne dépend plus uniquement du dossier, mais aussi de la garantie financière que l’on peut offrir. Les autorités guinéennes en ce qui les concerne, n’ont pas encore réagi à cette nouvelle mesure américaine. Pendant ces temps, des Guinéens demandent déjà à leurs dirigeants d’appliquer le principe de réciprocité.
Houssainatou Bah pour foutakameen.com

COMMENTS