Pépé Balamou répond à Aboubacar Soumah : « la grève déclenchée ira jusqu’à la signature du protocole »

Pépé Balamou répond à Aboubacar Soumah : « la grève déclenchée ira jusqu’à la signature du protocole »

La crispation demeure vive dans le secteur éducatif guinéen. Réunis le lundi 22 décembre 2025 à la Bourse du Travail, les syndicats de l’éducation ont tenu une assemblée générale de l’intersyndicale, marquée par une prise de position ferme du secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou.

Face aux enseignants affiliés et mobilisés, le responsable syndical a vivement critiqué la posture du gouvernement dans le cadre des discussions sociales. Selon lui, la décision de repousser les négociations à janvier n’est pas anodine.

« Lors de la dernière rencontre, le gouvernement nous a demandé de reporter les négociations au mois de janvier. Une proposition que nous n’avons pas acceptée, car nous avons vite compris qu’il s’agissait d’une stratégie liée aux congés anticipés », a-t-il déclaré.

Pour Pépé Balamou, cette manœuvre viserait à affaiblir la dynamique syndicale en profitant de la période de vacances scolaires.

« Ils ont pensé qu’avec les congés, notre capacité de mobilisation allait s’effriter. Mais la réalité leur a donné tort », a-t-il affirmé, avant de saluer la forte mobilisation observée à Kaloum.

Malgré un contexte marqué par la campagne politique et l’absence de paiement des salaires à cette date du mois, les enseignants ont répondu massivement à l’appel.

« Nous sommes le 22 (décembre, Ndlr) les salaires ne sont pas encore versés, et pourtant les enseignants sont là. Certains ont fait le déplacement depuis l’intérieur du pays : Kindia, Forécariah, Mamou, Mali… Cela montre clairement la détermination du corps enseignant », a insisté le syndicaliste.

Une mobilisation que l’intersyndicale interprète comme un signal fort.

« Cela prouve que nous sommes animés de bonne foi et d’un réel engagement. Désormais, même si des discussions s’ouvrent, elles se feront dans un contexte de grève », a prévenu Michel Pépé Balamou, soulignant que l’intersyndicale entend rester vigilante à la table des négociations.

« Nous ne laisserons plus place à l’improvisation ou au désordre. Nous serons là pour empêcher toute dérive. »

Enfin, le ton se fait sans ambiguïté sur la suite du mouvement.

« Si la grève est déclenchée, elle ne sera levée qu’après la signature du protocole », a martelé le secrétaire général du SNE. Parmi les principales revendications figurent l’intégration des enseignants contractuels à la fonction publique, l’application du statut particulier, l’octroi des indemnités de logement et de transport, le paiement des primes des responsables administratifs, le déblocage des salaires ainsi que le règlement des arriérés.

Un message clair, lancé comme un ultimatum, dans un climat social où l’école guinéenne retient son souffle. De son côté, le président du SLECG, Aboubacar Soumah, affirme que tant que les négociations se poursuivent, aucune grève ne sera déclenchée. Si les syndicats s’accordent sur la nécessité d’améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants, une divergence stratégique vient toutefois creuser le fossé entre le SLECG et les autres centrales syndicales de l’éducation, notamment le SNE dirigé par Michel Pépé Balamou.

Houssainatou Bah pour foutakameen.com

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