Résultats aux examens nationaux, disparités entre préfectures, déficit d’infrastructures et tensions sociales : l’année scolaire 2024-2025 livre un bilan contrasté du système éducatif dans la région administrative de Labé, malgré des taux d’admission jugés globalement encourageants. Un contraste révélateur des disparités qui persistent au sein de la région.
Comme chaque fin d’année, l’heure est au bilan des activités menées dans les différents secteurs de l’État.
Dans cette dynamique, la rédaction de foutakameen.com s’est penchée sur la situation du secteur éducatif, marqué globalement par des taux d’admission jugés significatifs aux examens nationaux de l’année scolaire 2024-2025.
Examens nationaux : des résultats globalement encourageants
Au niveau national, le baccalauréat unique a enregistré 72 937 candidats inscrits, dont 31 218 filles. Au total, 69 119 candidats ont effectivement composé, parmi lesquels 29 762 filles. À l’issue des épreuves, 22 351 candidats ont été déclarés admis, dont 8 261 filles, soit un taux de réussite global de 32,34 %.
Les résultats par option se présentent comme suit :
Sciences Expérimentales (SE) : 6 095 admis sur 18 581 inscrits (34,43 %)
Sciences Mathématiques (SM) : 5 622 admis sur 20 885 inscrits (28,13 %)
Sciences Sociales (SS) : 9 753 admis sur 31 637 inscrits (32,86 %)
Sciences Sociales Franco-Arabe (SS-FA) : 800 admis sur 1 590 inscrits (52,77 %)
Sciences Expérimentales Franco-Arabe (SE-FA) : 236 admis sur 244 inscrits (34,32 %)
Pour le BEPC, 173 457 candidats étaient inscrits, dont 81 372 filles. 167 781 candidats ont composé, parmi lesquels 79 076 filles. 90 749 candidats ont été admis à l’enseignement général, soit un taux de réussite de 54,09 %.
Pour le franco-arabe, 6 392 candidats (dont 1 641 filles) étaient inscrits, 6 180 ont composé, et 3 472 ont été admis, soit 56,18 %.
Au total, 94 221 candidats ont été admis sur 179 849 inscrits, pour un taux national de 54,16 %.
Concernant le Certificat d’Études Élémentaires (CEE), 313 283 candidats étaient inscrits, dont 146 906 filles. 295 288 ont composé, parmi lesquels 139 101 filles.
À l’issue des épreuves, 159 384 candidats ont été admis à l’enseignement général (58,88 %).
En franco-arabe, 24 585 candidats ont composé, dont 7 584 filles, avec 13 801 admis, soit 56,14 %.
Le taux global de réussite au CEE au niveau national s’établit à 58,65 %.
Résultats dans la région administrative de Labé
Au baccalauréat unique – session 2025, la région de Labé a enregistré 1 447 candidats inscrits, dont 726 filles. 1 373 candidats ont composé, parmi lesquels 681 filles.
Au total, 630 candidats ont été admis, soit un taux de réussite global de 46 %.
Chez les filles, 282 ont été admises, représentant un taux de 41 %.
Répartition par préfecture :
Koubia : 25 candidats (6 filles), 100 % de réussite
Labé : 1 135 candidats (578 filles), 475 admis (42 %), dont 222 filles (38 %)
Lélouma : 59 candidats (39 filles), 13 admis (22 %), dont 12 filles (31 %)
Mali : 156 candidats (58 filles), 119 admis (76 %), dont 42 filles (72 %)
Tougué : aucun candidat présenté au Bac
Pour le BEPC, la région a enregistré 8 070 candidats inscrits, dont environ 4 800 filles. 7 752 ont composé, parmi lesquels 4 632 filles.
4 424 candidats ont été admis, soit un taux de réussite régional de 57 %. Chez les filles, 2 379 ont décroché le diplôme, soit environ 51 %.
Répartition par préfecture :
Koubia : 260 admis sur 260 (100 %)
Labé : 2 181 admis sur 4 959 (44 %)
Lélouma : 457 admis sur 639 (72 %)
Mali : 1 135 admis sur 1 447 (78 %)
Tougué : 391 admis sur 447 (87 %)
Au CEE, 19 126 candidats ont composé dans la région de Labé. 10 091 ont été admis, soit un taux de réussite de 53 %, dont 5 777 filles, représentant 52 % des admis.
Infrastructures, numérique et mouvements sociaux : les défis persistants
Au cours de l’année 2025, la rédaction de foutahkameen.com a recueilli les témoignages de plusieurs acteurs du système éducatif. Le président de l’APEA de Labé, Elhadj Alpha Oumar Moromi Diallo, a notamment pointé du doigt le déficit criant d’infrastructures scolaires :
« Si vous allez dans certains établissements de la région, vous serez surpris de voir des classes surchargées, sans tables-bancs suffisantes ni salles adaptées. Si l’État veut réellement améliorer le système éducatif, il doit investir dans les infrastructures et affecter des enseignants jusque dans les zones les plus reculées. Le fait que Tougué n’ait présenté aucun candidat au Bac cette année illustre clairement l’abandon de certaines localités. »
La question de l’impact du numérique en milieu scolaire a également été abordée. Un professeur de lycée, Lamarana Songoly Baldé, alerte sur l’usage incontrôlé de l’intelligence artificielle par les élèves :
« Utiliser l’intelligence artificielle pour traiter des devoirs ou des sujets ne reflète pas le niveau réel de l’élève. C’est ce qui explique que certains accèdent à des classes supérieures sans avoir les compétences requises. Il est urgent que les autorités encadrent l’usage de ces outils, voire les intègrent de manière pédagogique dans les programmes. »
Une année scolaire marquée par des perturbations
Initialement prévue pour le 15 septembre 2025, la rentrée scolaire a finalement été reportée au 6 octobre sur toute l’étendue du territoire national. Le début de l’année a été fortement perturbé par des mouvements de grève des enseignants, impactant négativement le déroulement des cours.
Ces tensions ont même entraîné des incidents graves, notamment à Conakry, où une élève a perdu la vie lors de manifestations réclamant le retour des enseignants en classe. Les enseignants contractuels communautaires ont également fait plusieurs revendications parfois par des manifestations de rues pour réclamer à cor et à cri leur integration à la fonction publique.
Des revendications qui n’ont pas encore été satisfaites, c’est d’ailleurs, l’un des points de revendications des syndicalistes. Labé-Tougué également, des troubles ont été enregistrés, avec des affrontements entre élèves d’écoles publiques et privées, sur fond de revendications sociales.
Bien qu’un accord partiel ait été trouvé entre les autorités et les syndicats, Michel Pépé Balamou, interrogé par notre rédaction, n’exclut pas une reprise de la grève si les engagements pris ne sont pas respectés.
Enfin, il convient de rappeler que les congés de fin d’année, initialement prévus pour le 25 décembre, ont été avancés au 15 décembre, pour s’étendre jusqu’au 5 janvier 2026, en raison de l’organisation de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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