Ordures, caniveaux, rivières : Labé face à l’épreuve de l’insalubrité en 2025

Ordures, caniveaux, rivières : Labé face à l’épreuve de l’insalubrité en 2025

Durant toute l’année 2025, la ville de Labé a été confrontée à un sérieux problème d’insalubrité, devenu l’une des préoccupations majeures des populations. La commune urbaine a évolué dans un contexte marqué à la fois par l’insuffisance de dépotoirs d’ordures et par l’incivisme de certains citoyens, aggravant ainsi une situation déjà préoccupante.

Dans plusieurs quartiers de la ville, les ordures ménagères ont été fréquemment observées entassées le long des routes, dans les caniveaux, dans des fosses improvisées ou encore au bord des cours d’eau. Cette gestion anarchique des déchets a non seulement dégradé l’environnement urbain, mais aussi exposé les populations à des risques sanitaires importants.

Rencontrés dans différents quartiers, des citoyens de Labé n’ont pas caché leur ras-le-bol face à cette situation. Pour Mamadou Korka Diallo, le problème réside avant tout dans l’absence de sites appropriés pour le dépôt des ordures.

« Là où les ordures sont entassées au bord des routes, ce n’est pas bon. Nous avons besoin d’un endroit bien protégé pour les déposer. Les gens souffrent énormément, que ce soit dans les ménages, sur les routes ou au marché. S’il existait un espace adéquat, les citoyens n’auraient pas à jeter les ordures n’importe où. Les autorités doivent nous aider à avoir un véritable dépotoir », a-t-il fait savoir.

De son côté, Mamadou Bah met davantage l’accent sur le manque de civisme de certains habitants, tout en reconnaissant les limites des infrastructures existantes.

« La commune fait de son mieux, mais les dépotoirs sont trop petits. En plus, beaucoup de gens refusent d’y déposer leurs ordures, préférant les jeter au bord des routes ou dans les caniveaux. Ce n’est pas normal. Si les citoyens n’acceptent pas d’utiliser les dépotoirs, on ne pourra jamais régler ce problème », déplore-t-il, avant de suggérer :

 « La commune devrait aussi affecter des gardiens sur les sites existants afin d’éviter que les ordures soient déversées aux alentours », suggère-t-il.

Interpellées sur la question, les autorités communales reconnaissent le manque criant d’infrastructures adaptées, mais affirment avoir engagé des actions pour faire face à la situation. Mariama Ciré Diallo, chargée de l’assainissement à la commune urbaine de Labé, apporte des précisions :

« Il est vrai qu’il n’y a pas assez de dépotoirs officiels dans la commune. Nous ne disposons que de trois sites pour toute la ville, les autres étant des dépotoirs sauvages créés par les citoyens. Les chefs de quartier nous alertent régulièrement lorsqu’il y a une accumulation d’ordures afin que les services de collecte interviennent », explique-t-elle.

Selon elle, des démarches ont récemment été entreprises pour améliorer la gestion des déchets dans la commune.

« Tout récemment, nous avons sollicité l’appui de notre partenaire ENABEL pour renforcer les capacités de la commune. Ils nous ont demandé d’identifier des espaces dans les quartiers et se sont engagés à y construire des dépotoirs », ajoute la responsable de l’assainissement.

Par ailleurs, pour tenter de mieux organiser la collecte des déchets, les autorités communales ont mis en place un système de paiement lié à l’assainissement, communément appelé « pollueur-payeur ». Dans ce cadre, chaque foyer est désormais tenu de verser une contribution de 30 000 francs guinéens.

Malgré ces initiatives, l’insalubrité reste un défi majeur à Labé, appelant à une synergie d’actions entre autorités locales et citoyens, afin de faire de l’année 2026 un tournant décisif pour l’assainissement de la ville.

Aissatou Maleya Diallo pour foutakameen.com

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