Sur le plan sportif, et plus particulièrement dans le football, l’année 2025 qui s’achève n’a pas apporté de grands changements dans la région administrative de Labé. La région ne compte aucun club évoluant en Ligue 1 guinéenne, une situation qui illustre les difficultés persistantes du football local.
Cette réalité inquiète de nombreux passionnés du cuir rond. Mohamed Samoura, secrétaire général du district de football de Labé, exprime son inquiétude :
« Je perçois cette situation sous plusieurs angles. Le football est un sport accessible à tous. Il suffit d’un ballon et d’un terrain pour jouer. Contrairement à d’autres disciplines qui nécessitent des équipements spécifiques ou des formations, le football ne demande pas grand-chose. Pourtant, à Labé, il souffre d’un cruel manque d’attention, surtout de la part de ceux qui ont les moyens financiers. Les personnes fortunées n’acceptent pas d’investir dans le football local. À l’opposé, dans d’autres préfectures ou régions, les natifs qui en ont les moyens soutiennent activement leurs clubs. À Boké, par exemple, le général Mathurin Bangoura et KPC injectent de l’argent pour faire vivre le football. Ce type d’engagement nous fait défaut ici à Labé », regrette le journaliste sportif.
Si le football masculin est en difficulté dans la région en raison du manque d’infrastructures et d’accompagnement, la situation du football féminin est encore plus préoccupante. L’entraîneur Georges Damey explique :
« Les équipements pour les filles, ce sont mes propres moyens qui les financent. Parfois, je demande une petite contribution aux parents, mais la plupart du temps, je complète et je décore moi-même les tenues. Heureusement, un ancien joueur basé en France m’a récemment envoyé un lot de 25 maillots et deux ballons, que j’ai remis aux filles pour les encourager. Avec leur accord, nous avons participé à deux compétitions à Pita, où elles ont remporté des victoires. Comme il n’y a pas d’autres équipes féminines à Labé, je les fais parfois jouer avec les garçons pour renforcer leur niveau », indique-t-il.
Durant l’année 2025, plusieurs compétitions ont néanmoins été organisées dans la ville de Labé. Le district de football a tenu un tournoi réunissant les académies locales, remporté par l’académie RACINE FC. Dans la même dynamique, la direction communale de la jeunesse a organisé un tournoi inter-quartiers opposant les 28 quartiers qui existaient à l’époque dans la commune urbaine, remporté par le quartier Pounthioun.
Toujours en 2025, un fils de la ville a fait un don d’équipements à l’académie NESTA. De plus, Madame Mame Kouyaté a été nommée chargée du sport féminin au sein du district de football de Labé, tandis que les entraîneurs locaux ont reçu la « Licence D CAF » délivrée par la Confédération africaine de football.
Au niveau national, le football guinéen a connu des contre-performances notables. Le Syli national n’a pas réussi à se qualifier pour la CAN 2025 au Maroc, et devra se préparer pour la Coupe du Monde 2026 en Amérique.
L’équipe guinéenne a été éliminée de la CAN lors de son match contre la Tanzanie. Ce match a d’ailleurs fait l’objet d’un litige devant les instances du football africain. La Guinée accusait la Tanzanie d’avoir fait jouer un joueur qui ne figurait pas sur la feuille de match. Lors de l’audience, la Guinée a été déboutée, confirmant ainsi la qualification de la Tanzanie.
Selon le classement mondial de la FIFA, la Guinée occupe la 80ᵉ place mondiale et la 16ᵉ place africaine, témoignant du manque de performances de l’équipe nationale en 2025.
Enfin, il convient de rappeler que Labé souffre d’un déficit d’infrastructures sportives adaptées. Le terrain du stade régional reste le principal lieu d’entraînement pour la majorité des équipes locales, limitant le développement du football dans la région.
Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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