À l’ère du numérique, le téléphone portable, en particulier les téléphones Android ou les smartphones, occupe une place centrale dans la vie quotidienne. À Labé, sa panne, même temporaire, est perçue comme un véritable handicap. Face à cette dépendance croissante, les réparateurs de téléphones, installés notamment dans les marchés de la cité de Karamoko Alpha, jouent un rôle de plus en plus crucial. Entre opportunités économiques et nombreux défis, ces artisans du numérique expliquent les réalités de leur métier.
Pour Mamadou Saïdou Diallo, réparateur de téléphones, cette activité constitue aujourd’hui une véritable source de revenus pour beaucoup de jeunes.
« Grâce à la réparation de téléphones que nous exerçons, nous arrivons à gagner notre vie paisiblement. Quand les clients arrivent, nous leur fixons le prix de la réparation et ils paient. Dieu merci, nous avançons petit à petit », a-t-il précisé.
Cependant, l’exercice du métier reste confronté à plusieurs contraintes, notamment l’accès au matériel. Selon les réparateurs, les équipements nécessaires ne sont pas disponibles localement.
« Nous importons les matériels à Conakry, comme les écrans, les systèmes de charge et autres composants. Dieu merci, aujourd’hui, si tu as les moyens financiers, ce n’est pas difficile de les obtenir », a expliqué Thierno Oumar Diallo, également réparateur téléphonique.
Avec l’évolution rapide de la technologie et l’apparition régulière de nouveaux modèles, certains professionnels cherchent à renforcer leurs compétences à travers des formations spécialisées.
« Certains parmi nous partent au Sénégal, en Gambie ou à Conakry pour suivre des formations de renforcement de capacités. Mais pour nous, avec l’habitude, chaque nouveau modèle a quelque chose qui le distingue des autres. On avance progressivement dans nos compétences et on maîtrise davantage le domaine », ont détaillé les réparateurs.
Parmi les interventions les plus fréquentes, le déblocage de téléphones reste l’une des opérations les plus récurrentes, mais aussi les plus délicates.
« Le déblocage fait partie de la réparation de téléphones, c’est pour cette raison que nous l’exerçons. Mais nous rencontrons beaucoup de difficultés liées à cela. On ne peut pas faire confiance à tout le monde. À travers les explications et les arguments, nous essayons de décoder les situations, mais parfois même des personnes en qui nous avions confiance nous déçoivent. C’est pourquoi je fais de moins en moins de déblocages », a déclaré Mamadou Saïdou Diallo.
Face à ces difficultés, ces jeunes réparateurs lancent un appel aux autorités pour une meilleure prise en compte de leur réalité professionnelle.
« Nous demandons aux autorités, en cas de plainte nous concernant, de bien mener les enquêtes afin de ne pas punir des innocents. Le plus souvent, lorsqu’il y a une plainte liée à un téléphone, on ne mène pas d’enquête approfondie. On vient directement nous interpeller, alors que parfois ce sont d’autres personnes qui nous accusent à tort », a-t-il déploré.
Malgré ces obstacles, la réparation de téléphones demeure un secteur en pleine expansion à Labé, porté par une demande toujours croissante et par la volonté de jeunes artisans déterminés à s’imposer dans un métier désormais incontournable.
Aissatou Maleya Diallo pour foutakameen.com

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