À Paradji (Mamou), sans sage-femme, les femmes enceintes boudent le poste de santé

À Paradji (Mamou), sans sage-femme, les femmes enceintes boudent le poste de santé

Situé dans le district de Mangol, relevant de la sous-préfecture de Gnagara, dans la région administrative de Mamou, le poste de santé de Paradji fonctionne grâce à l’engagement d’un infirmier d’État et d’un laborantin. Malgré son éloignement du chef-lieu de la région, cette structure sanitaire assure un minimum de soins aux populations locales.

En immersion dans cette localité enclavée, l’équipe de Foutakameen.com a rencontré l’agent en service, Jean-Claude Guilavogui, infirmier d’État, qui a fait le point sur le fonctionnement du poste de santé et les réalités du terrain.

Dans l’entretien qu’il nous a accordé, l’agent de santé est revenu sur les pathologies les plus fréquemment prises en charge au sein de la structure.

« C’est à travers les résultats des bilans que nous diagnostiquons les maladies. Souvent, il s’agit du paludisme, de la fièvre typhoïde, des infections et d’autres affections courantes. Grâce au laboratoire, nous arrivons à poser les diagnostics nécessaires », explique-t-il.

Jean Claude Guilavogui, Infirmier d’Etat au poste de santé de Paradji, dans la région de Mamou

Selon lui, le poste de santé dispose de l’essentiel en matière d’infrastructures.

« La structure sanitaire et les équipements sont au complet. Nous avons une salle d’accueil, une salle de consultation, une salle dédiée au Programme élargi de vaccination (PEV) et enfin une salle d’accouchement », précise l’infirmier.

Cependant, malgré la présence d’un infirmier d’État, la fréquentation du poste de santé reste faible, notamment chez les femmes enceintes. Une situation que déplore Jean-Claude Guilavogui.

« La plupart des femmes enceintes ne viennent pas au poste de santé pour accoucher. Certaines ne viennent que lorsqu’elles constatent que la situation les dépasse. Nous organisons souvent des séances de sensibilisation, mais elles n’adhèrent pas toujours », indique-t-il.

À cela s’ajoute l’absence de sage-femme au sein de la structure.

« Nous n’avons pas de sage-femme dans notre poste de santé. Lorsqu’une femme vient pour accoucher, nous essayons de l’assister. Mais si nous constatons des signes qui dépassent nos compétences, nous la référons au centre de santé. À leur tour, s’ils ne peuvent pas la prendre en charge, ils l’évacuent vers Mamou », explique l’infirmier.

Selon lui, cette situation ne concerne pas uniquement son poste.

« Même dans les autres postes de santé de la localité, il n’y a pas de sage-femme. Cela peut être l’un des facteurs qui empêchent les femmes enceintes de venir accoucher ici. Certaines disent clairement qu’un homme ne peut pas les aider à accoucher. Cela peut expliquer en partie la faible fréquentation, alors qu’il existe pourtant plusieurs postes de santé dans la zone », conclut-il.

Par ailleurs, Jean-Claude Guilavogui souligne que la multiplication des postes de santé, combinée à la dégradation avancée des routes, constitue un facteur supplémentaire freinant l’accès et la fréquentation des structures sanitaires par les communautés rurales.

Abdoul Karim Baldé, pour Foutakameen.com

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