À Dalaba, perchée sur les hauteurs de la Moyenne-Guinée, la cordonnerie n’est pas qu’un métier : c’est un héritage vivant. Transmis de génération en génération, ce savoir-faire ancestral continue de battre au rythme des mains expertes des artisans réunis au sein de la COCODAL (Coopérative des Cordonniers de Dalaba). Forte de 25 membres, l’association façonne artisanalement chaussures, sacs, ceintures, portefeuilles et objets de décoration en cuir. Mais derrière cette organisation dynamique et engagée se cachent de réels défis, notamment l’accès aux matières premières et la commercialisation des produits.
La rédaction de foutakameen.com vous conduit à Dalaba, dans la région administrative de Mamou, au cœur du savoir-faire artisanal des chaussures en cuir les plus convoitées de Guinée. Alliant qualité, solidité et élégance, ces créations en cuir séduisent par leur finition soignée et leur longévité exceptionnelle.
Trouvé sur le lieu de travail, Oumar Sylla, cordonnier et membre de la Coopérative des Cordonniers de Dalaba, explique que ce métier hérité des anciens est aujourd’hui perpétué par 25 artisans unis et bien organisés. Grâce aux cotisations, au travail collectif et au soutien des autorités, l’association continue de faire vivre la cordonnerie artisanale à Dalaba.
« Ce que vous voyez ici, ce sont nos grands-pères qui exerçaient ce métier. Nous aussi, nous sommes venus suivre leurs traces jusqu’à ce que nous formions cette association appelée COCODAL (Coopérative Des Cordonniers De Dalaba). Nous sommes au nombre de 25 personnes et l’organisation est très bien structurée : il y a un président, un vice-président et les autres responsables. Chaque mois, nous faisons une contribution. Lorsqu’une somme est réunie, elle sert à acheter du matériel de travail. Sur le plan du travail, il existe deux types d’activités : une partie où nous travaillons tous ensemble et où la production est vendue au nom du groupement, et une autre partie où chacun travaille pour son propre compte. Nous nous débrouillons ici et nous avons aussi bénéficié d’une aide des autorités pour la construction de cette maison, ce qui prouve qu’elles reconnaissent notre existence », a t-il expliqué.

Oumar Sylla, membre de la Coopérative des Cordonniers de Dalaba (COCODAL)
Le membre de la Coopérative évoque que l’association fabrique des chaussures, sacs, ceintures et décorations en cuir, en utilisant principalement la peau de moutons, chèvres et vaches. Les prix varient selon la qualité.
« Dans notre association, nous fabriquons des chaussures en cuir, des sacs pour hommes et femmes, des décorations pour salons, des ceintures, entre autres. Pour la fabrication des chaussures, nous utilisons la peau d’animaux comme celle des moutons, des chèvres et des vaches. Quant aux portefeuilles, nous n’utilisons que la peau des moutons et des chèvres. Les prix dépendent de la qualité des produits. Nous proposons des chaussures à 75 000 GNF, à 95 000 GNF, et pour les enfants, à 45 000 GNF. Ces prix sont négociables. Il faut également savoir que les matériaux que nous utilisons ne sont pas toujours faciles à trouver, car la plupart sont achetés à Conakry », a fait savoir Oumar Sylla.
Le cordonnier souligne que l’association COCODAL fait face à plusieurs difficultés, notamment l’approvisionnement en peaux d’animaux et le type de clientèle, majoritairement composée d’acheteurs individuels plutôt que de revendeurs. Les ventes augmentent surtout pendant les périodes de fêtes et diminuent fortement durant la saison pluvieuse.
« Le principal problème que nous rencontrons ici concerne l’approvisionnement en peaux d’animaux utilisées pour la fabrication, car elles ne sont pas faciles à obtenir. Une autre difficulté se situe au niveau de la clientèle, car la plupart de nos acheteurs ne sont pas des revendeurs. Si c’était le cas, notre activité serait plus rentable. La majorité de nos clients achètent uniquement pour leur usage personnel. Il arrive parfois que certains clients achètent chez nous pour revendre ailleurs, mais cela reste rare. La période où nous vendons le plus correspond aux périodes de fêtes, surtout à l’approche de la fête de Ramadan. Mais pendant la saison pluvieuse, les ventes diminuent fortement », a t-il ajouté.
Il lance un appel pressant à l’endroit des autorités :
« Nous demandons à l’État ainsi qu’aux personnes de bonne volonté de nous aider à obtenir les matériaux nécessaires à la réalisation de ce travail, car l’artisanat occupe une place très importante dans le développement d’un pays », a sollicité notre interlocuteur.
Mamadou Dian Diallo et Boubacar Diallo pour foutakameen.com

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