Très éloignée du centre administratif de Koubia, la sous-préfecture de Gadha-Woundou fait face à de nombreuses difficultés, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Située à environ 60 kilomètres du chef-lieu préfectoral, cette localité enclavée peine à assurer des services sociaux de base à ses populations. Lors d’un séjour de l’équipe de foutakameen.com dans la localité, le président de la délégation spéciale de la commune est revenu sur les principales préoccupations de sa juridiction.
Dans cette première partie de l’entretien, Dadhi Sidibé dresse un tableau alarmant de la situation éducative et sanitaire de Gadha-Woundou.
Un système éducatif fragilisé par le manque d’enseignants
Selon le président de la délégation spéciale, la commune compte sept districts, tous dotés d’infrastructures scolaires. Cependant, le problème majeur reste le manque criant d’enseignants, entraînant la fermeture de plusieurs établissements.
« Notre commune compte sept districts et chacun dispose d’au moins une ou deux infrastructures scolaires. Le véritable problème, ce sont les enseignants. Il y a des salles de classe, mais pas d’enseignants », explique Dadhi Sidibé.

Dadhi Sidibé, président de la délégation spéciale de Gadha-Woundou
Il cite notamment le collège de la localité, resté fermé pendant près de deux ans avant de rouvrir cette année scolaire, mais toujours en sous-effectif.
« Même après la réouverture, tous les enseignants ne sont pas au complet. Nous avons un besoin urgent d’un professeur de mathématiques. L’année scolaire avance, alors que nos enfants n’ont toujours pas commencé certaines matières, faute d’enseignants », déplore-t-il.
Au-delà du déficit de personnel, le responsable communal dénonce également le manque de sérieux de certains enseignants affectés dans la zone.
« Il y a des enseignants qui sont présents, mais qui ne font pas régulièrement leur travail, sous prétexte que la localité est éloignée du centre urbain. Ils font ce qu’ils veulent. Nous dénonçons cette pratique. Lorsqu’on est affecté dans une localité, surtout pour enseigner, il faut faire preuve de sérieux et de responsabilité », insiste-t-il.
Des écoles fermées depuis plusieurs années
La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs écoles sont totalement fermées depuis des années.
« Dans le district de Daraba, l’école de Hafiya Missidé est fermée depuis trois ans faute d’enseignants. C’est la même situation dans le district de Timberin, ainsi que dans celui de N’diré. Toutes ces écoles disposent d’infrastructures, mais il n’y a pas d’enseignants », précise Dadhi Sidibé.
Il souligne que cette situation a été portée à la connaissance des autorités éducatives de la région, sans suite concrète jusque-là.
« Avec le sous-préfet, nous sommes allés rencontrer le Directeur préfectoral de l’Éducation pour lui exposer nos difficultés, mais jusqu’à présent, rien n’a changé. L’état de la route et la difficulté d’accès à notre localité compliquent davantage la situation », ajoute-t-il.
Des postes de santé installés dans des habitations
Sur le plan sanitaire, la sous-préfecture dispose de six postes de santé pour sept districts, un chiffre qui pourrait sembler encourageant, mais qui cache de nombreuses insuffisances.
« Parmi nos sept districts, un seul ne dispose pas de poste de santé, mais il n’est pas très éloigné du centre de santé le plus proche », indique le président de la délégation spéciale.
Toutefois, la majorité de ces infrastructures sanitaires ne répondent pas aux normes requises.
« Sur l’ensemble des postes de santé, un seul a été construit par l’État. Tous les autres sont des maisons transformées en structures sanitaires. Cela réduit considérablement leur capacité d’accueil et nuit au bon fonctionnement des services », déplore Dadhi Sidibé.
L’accès à l’eau potable, une autre urgence
Outre l’éducation et la santé, l’accès à l’eau potable constitue une autre difficulté majeure pour les populations de Gadha-Woundou. Selon le président de la délégation spéciale, cette situation préoccupe fortement les autorités locales et reste un défi urgent à relever pour améliorer les conditions de vie des habitants.
Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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