Salaires réduits, primes absentes : le cri d’alarme de 8 024 agents fonctionnaires recrutés en 2024

Salaires réduits, primes absentes : le cri d’alarme de 8 024 agents fonctionnaires recrutés en 2024

Un malaise profond secoue les nouveaux fonctionnaires recrutés en 2024. Regroupés autour de leur porte-parole, Billo Dioubaté, et soutenus par le Syndicat national de l’éducation (SNE), ils dénoncent une série d’irrégularités salariales et administratives qui, selon eux, les plongent dans une situation d’« injustice sans précédent ».

Ils sont 8 024 agents concernés, dont plusieurs milliers d’enseignants affectés dans le préuniversitaire et l’enseignement technique. Malgré leur engagement effectif sur le terrain, leur titularisation récente n’aurait produit aucun effet financier, selon eux.

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Il explique que le problème a commencé en septembre 2025, lorsque les bulletins de salaire ont affiché une baisse du salaire de base.

Indice salarial réduit

Les agents de l’éducation et de la santé devraient bénéficier d’un indice de 1 372, mais leurs bulletins affichent désormais 1 319, l’indice des ministères non éducatifs. Perte estimée : au moins 80 000 GNF par agent et par mois.

Titularisation sans effet

Malgré l’acte de titularisation, rien n’a changé sur les bulletins affirme leur porte-parole.

Pas de revalorisation salariale, pas d’avancement de deux échelons et aucune régularisation rétroactive

Primes jamais versées

Les enseignants affirment ne jamais avoir perçu :

la prime de craie

la prime de préparation

la prime d’incitation

la prime de zone

Ces nouveaux fonctionnaires qualifient cet acte de sentiment d’injustice.

« Ceux qui ont servi loyalement l’État sont lésés, pendant que d’autres agents, parfois sans stage probatoire, bénéficient déjà de tous les avantages », déplorent-t-il.

Billo Dioubaté, Porte-parole des fonctionnaires recrutés en 2024

Face au silence administratif, certains enseignants auraient déjà quitté leurs postes, et d’autres envisagent des actions à Conakry a fait savoir leur porte-parole.

Michel Pépé Balamou (SNE) : “C’est une injustice flagrante”

Le Syndicat national de l’éducation confirme avoir été saisi par 3 044 enseignants issus du recrutement « Tablette 2024 ».

Rappel du processus

Ces enseignants affirment avoir effectué :

 13 mois de stage probatoire

 une induction civilo-militaire

 leur affectation effective sur le terrain

Un acte administratif signé le 31 décembre 2025 a officialisé leur titularisation.

Constat du SNE

Malgré cela, les bulletins de janvier 2026 montrent :

 maintien de l’indice à 1 319 au lieu de 1 372

 absence des primes statutaires

 échelon 6 au lieu de 8

indice salarial bloqué à 1610 au lieu de 1638

« Ils n’ont reçu que leur salaire initial de 2 861 000 GNF, sans aucun avantage lié à la titularisation », affirme le responsable syndical.

Inégalité de traitement

Le syndicat souligne que d’autres fonctionnaires recrutés plus récemment auraient déjà été régularisés, ce qui renforce le sentiment d’injustice selon lui.

Les revendications

Les enseignants et le SNE exigent :

la correction immédiate des bulletins de salaire

le rétablissement de l’indice à 1 372

le paiement de toutes les primes statutaires

l’application des deux échelons d’avancement

 le paiement des rappels depuis septembre 2025

Le syndicat annonce le dépôt imminent d’une plateforme revendicative auprès des ministères concernés même s’il n’y a pas encore un gouvernement mais compte sur les Secrétaires généraux de différents départements concernés.

Menace sur la stabilité sociale

Le SNE appelle au dialogue social mais prévient :

« La trêve sociale a un prix : le respect des engagements signés. »

Michel Pépé Balamou, Secrétaire général du SNE

Sans correction rapide, les syndicats redoutent des mouvements sociaux dans un contexte politique déjà sensible.

Mamadou Aliou Diallo et Houssainatou Bah pour foutakameen.com

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