Doumbouya assume les déguerpissements: « aucune nation ne peut se développer…si ses routes deviennent des marchés improvisés »

Doumbouya assume les déguerpissements: « aucune nation ne peut se développer…si ses routes deviennent des marchés improvisés »

Le Président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est exprimé pour la première fois sur le dossier brûlant des déguerpissements en cours dans la capitale, Conakry. À l’approche de son investiture, une vaste opération de libération des emprises publiques a été enclenchée à travers toute la ville, une démarche diversement appréciée par la population.

Si certains estiment que ces déguerpissements sont nécessaires, d’autres y voient une opération injuste et mal ciblée. Ce vendredi 30 janvier 2025, le chef de l’État s’est prononcé via sa page officielle Facebook pour tenter d’apaiser les tensions. Il s’est particulièrement adressé aux femmes, à qui il a d’ailleurs dédié son mandat.

Le président guinéen a tenté de rassurer avec un ton à la fois apaisant et catégorique :

« 𝗖𝗵è𝗿𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗺𝗮𝗻𝘀, 𝗰𝗵è𝗿𝗲𝘀 𝘀œ𝘂𝗿𝘀 𝗲𝘁 𝗰𝗵𝗲𝗿𝘀 𝗳𝗿è𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗚𝘂𝗶𝗻é𝗲, je m’adresse à vous avec respect et responsabilité. Les opérations de libération des routes et des abords des marchés ne sont ni une sanction, ni un manque de considération envers votre courage et votre travail quotidien. Elles répondent, avant tout, à une exigence de sécurité, de santé publique et de protection de nos populations », a déclaré le président, tout en énumérant les risques que peut entraîner l’occupation des voies publiques.

« Vendre ou vivre au bord des routes expose chaque jour nos mères et nos enfants à de graves risques parmi lesquels peuvent être cités : 𝗹𝗲𝘀 𝗮𝗰𝗰𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗶𝗿𝗰𝘂𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, l𝗮 𝗽𝗼𝗹𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗹𝗮𝗱𝗶𝗲𝘀 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗶𝗿𝗮𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲𝘀, l’𝗶𝗻𝘀𝗮𝗹𝘂𝗯𝗿𝗶𝘁é 𝗮𝗹𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲, 𝗲𝘁𝗰. », a-t-il expliqué.

Pour lui, « Aucune nation ne peut se développer durablement si ses routes deviennent des marchés improvisés et si la vie humaine y est constamment menacée.»

Tout en se disant conscient du sentiment de tristesse que ces déguerpissements engendrent, le président assure néanmoins qu’ils sont nécessaires « pour l’intérêt général, pour une Guinée plus sûre, plus propre et plus organisée, où nos enfants pourront grandir en bonne santé et nos femmes exercer dignement et en toute sécurité leurs activités », déclare-t-il.

Il a également tenu à préciser que cette démarche ne se limitera pas à la casse, car « l’État, avec les collectivités locales, travaille à identifier des espaces adaptés, mieux organisés et plus sûrs, afin que les activités économiques puissent se poursuivre dans le respect de la loi et de la dignité humaine », a-t-il rassuré.

Le chef de l’État a conclu son message en appelant la population à faire preuve de patience, de confiance et de sens du collectif.

Mamadou Aliou Diallo pour foutakameen.com

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