Mort du cascadeur Abdourahim Barry, sa mère effondrée : « J’ai appris son décès avec beaucoup d’étonnement »

Mort du cascadeur Abdourahim Barry, sa mère effondrée : « J’ai appris son décès avec beaucoup d’étonnement »

Le monde du sport mécanique guinéen est en deuil. Abdourahim Barry, jeune cascadeur à moto connu pour ses démonstrations spectaculaires et son talent reconnu au-delà des frontières du pays, a tragiquement perdu la vie à la suite d’un accident de la circulation survenu dans la nuit de mercredi à jeudi 29 janvier à Conakry. Transporté d’urgence à l’hôpital Donka, il n’a malheureusement pas survécu. Sa disparition brutale bouleverse ses proches et relance la question de la sécurité et de l’encadrement des pratiquants de stunt en Guinée, un combat qu’il menait lui-même avec son groupe.

 Une annonce brutale

C’est son grand frère, Ibrahima Barry, qui a appris la triste nouvelle dans la matinée du jeudi.

« Ce sont ses amis qui sont venus me trouver à la maison pour m’informer que mon frère avait eu un accident et qu’il était couché à l’hôpital Donka, au service des urgences. Quand j’ai été informé, je me suis rendu à l’hôpital. Arrivé là-bas, je suis allé dans la salle où il était, mais il ne pouvait pas parler », raconte-t-il, la voix chargée d’émotion. Selon lui, les médecins auraient indiqué qu’un transfert était nécessaire pour une meilleure prise en charge, avec des frais estimés à plus de 3,5 millions de francs guinéens. Un scanner devait également être réalisé.

« Avant même que tout cela ne soit fait, il était déjà décédé. Quand il est mort, je suis rentré directement à la maison pour informer nos parents et les proches. J’ai appris qu’il avait eu un accident, mais je ne sais toujours pas comment cela s’est produit », déplore son frère.

Un talent né très tôt mais vite brisé

Abdourahim Barry évoluait dans la mécanique depuis son enfance. Passionné par les engins à deux roues, il s’était très tôt initié à la conduite, au grand dam de son entourage.

« Il a commencé très jeune. D’abord, il roulait à vélo, même sans freins, alors que je lui interdisais de le faire. Ensuite, il est passé à la moto », se souvient son frère.

Au fil des années, il s’était fait un nom dans le milieu des cascadeurs à moto (stunt riders). Ses performances et sa maîtrise de la moto lui avaient valu une reconnaissance dépassant les frontières guinéennes.

« Il était connu partout en Guinée, et même à l’étranger. Je pense que Dieu lui avait donné ce talent. Même de hautes autorités le connaissaient », affirme Ibrahima Barry.

Un rêve pour le sport mécanique

Abdourahim Barry faisait partie d’un groupe de passionnés qui œuvrait pour la structuration du sport mécanique en Guinée. Leur ambition : obtenir un agrément et disposer d’un espace sécurisé pour les entraînements et compétitions.

Sa famille estime que son décès doit servir de déclic.

« Nous demandons aux autorités de soutenir cette initiative afin que ces jeunes aient un endroit sécurisé pour pratiquer, organiser des compétitions et éviter qu’ils ne s’exposent dans la rue. Cela pourrait prévenir des drames comme celui qui a coûté la vie à Abdourahim », plaide son frère.

La douleur d’une mère qui a perdu son enfant dans des circonstances tragiques

Très affectée, sa mère, Mariama Djelo Barry, garde le souvenir d’un fils attentionné.

« Mon fils a un garage où il apprenait la mécanique depuis qu’il était jeune. Je l’ai vu la semaine passée, il était venu à Coyah me rendre visite et m’avait même apporté des cadeaux. J’ai appris son décès avec beaucoup d’étonnement et d’émotion. Il m’aimait beaucoup et était toujours inquiet pour moi », confie-t-elle.

Dans la douleur, elle s’en remet à la foi :

« Je prie Dieu de l’accueillir dans son paradis éternel. Amine. »

La disparition d’Abdourahim Barry laisse un vide au sein de sa famille, de ses amis et de la communauté des passionnés de stunt en Guinée, tout en relançant le débat sur la sécurité et l’encadrement des sports mécaniques dans le pays.

Mamadou Aliou Diallo et Houssainatou Bah pour foutakameen.com

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