District de Kôndel (Sannoun) : malgré les défis, les fils du district déterminés à lutter pour l’avenir de leurs enfants

District de Kôndel (Sannoun) : malgré les défis, les fils du district déterminés à lutter pour l’avenir de leurs enfants

Situé à plus de 9 kilomètres de la sous-préfecture de Sannoun relevant de la préfecture de Labé, le district de Kôndel est un exemple de mobilisation communautaire. Lors d’une immersion dans la localité, l’équipe de Foutakameen.com a rencontré plusieurs fils du village, qui sont revenus sur les réalisations sociales et éducatives accomplies grâce à leur solidarité.

L’école du village, construite en 1963, soit cinq ans après l’indépendance de la Guinée, est au cœur de cette mobilisation. Mamadou Ciré Baldé, fils de Kôndel, raconte :

« Nous avions perdu l’une de nos tantes en 1962. Elle possédait de nombreuses vaches et n’avait pas d’enfants. À son décès, les autorités ont voulu retirer ces animaux à la famille. Nous avons alors décidé de les vendre pour financer la construction de cette école de deux salles de classes. Beaucoup d’élèves formés ici sont devenus hauts cadres, certains à la retraite, d’autres titulaires de doctorats. Aujourd’hui, grâce à notre association A.R.KO.DE.C, nous avons réhabilité l’école et construit une nouvelle école de deux salles en 2023. Mais malgré ces efforts, seuls deux enseignants sont rémunérés par l’État. Les autres sont payés par la communauté, chaque parent contribuant à hauteur de 10 000 GNF par élève et par mois, et parfois nous, les ressortissants, cotisons également. Nous demandons à l’État de nous assister », explique ce fils de Kôndel.

Pour Mamadou Saïdou Baldé, également fils de la localité, le problème reste le manque d’enseignants et le pléthore dans les classes.

« Nous n’avons que quatre salles de classe alors qu’un cycle complet en nécessite six. Certains élèves évoluent en multi-grade avec parfois 70 à 80 enfants par salle. Les enseignants ne sont pas au complet, et nous devons prendre en charge deux d’entre eux. Dans ces conditions, il est difficile pour les enfants de suivre les cours. L’État doit nous aider, car il est compliqué de financer un enseignant dans un milieu rural où il n’existe pas d’activité génératrice de revenus », déclare cet autre.

Le manque d’infrastructures éducatives pousse certains enfants à abandonner leurs études dès le primaire, le collège le plus proche étant situé à 9 kilomètres.

« Nous n’avons pas de clôture et chaque matin, il faut balayer les vérandas avant de commencer les cours, car les animaux y passent la nuit. Beaucoup d’enfants abandonnent par manque de moyens pour se rendre au collège situé à 9 kilomètres, ce qui est risqué. Nous demandons aux autorités éducatives de construire un collège dans notre district afin que nos enfants puissent continuer leurs études », plaide Mamadou Ciré Baldé.

Parallèlement, la communauté a construit un poste de santé, qui fonctionne avec l’aide d’un infirmier rémunéré en partie par la population locale.

« Avant, en cas de maladie, il fallait se rendre à Sannoun ou à Labé, et certains perdaient la vie en chemin. Nous avons donc mobilisé des fonds pour construire et équiper ce poste de santé. Parfois, l’agent de santé est absent, et c’est nous qui devons le prendre en charge. Un forage ici pourrait bénéficier à l’école comme au centre de santé », ajoute Mamadou Ciré Baldé.

Malgré tous ces efforts, les habitants résidents et ressortissants de Kôndel restent conscients qu’il reste encore beaucoup à faire pour sortir leur district de l’ombre et garantir un meilleur avenir à leurs enfants.

Abdoul Karim Baldé, pour Foutakameen.com

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