Oustaz Hamid Bah, l’un des maîtres d’Elhadj Badrou Bah ? Les confidences du grand imam de Labé

Oustaz Hamid Bah, l’un des maîtres d’Elhadj Badrou Bah ? Les confidences du grand imam de Labé

Un moment fort, chargé d’émotion et de souvenirs, vendredi 13 février 2025 à l’occasion de l’inauguration de la mosquée de Hooré-Holladé (commune urbaine de Labé), édifiée par Oustaz Abdoul Hamid Bah Companya. Devant une foule de fidèles et d’autorités religieuses, l’inspecteur régional des affaires religieuses de Labé, Elhadj Mamadou Badrou Bah, a livré un témoignage personnel rare sur ses relations avec le prédicateur, Oustaz Hamid. Un récit à la fois humble et profondément respectueux.

Loin des discours protocolaires, le responsable religieux a replongé dans ses années de jeunesse, juste après avoir achevé la mémorisation du Coran.

« À mon retour après la mémorisation du Coran, j’étais animé d’un grand enthousiasme et d’un profond amour pour la lecture. Dès que j’apprenais qu’une personne pouvait enseigner une matière, je m’en approchais aussitôt pour apprendre auprès d’elle », explique Elhadj Badrou.

Il explique que sa priorité à cette époque était de maîtriser la langue arabe, clé de l’accès aux sciences islamiques.

« Fraîchement revenu, je me suis d’abord tourné vers Elhadj Amadou Ly, car j’étais fortement motivé par le désir de parler l’arabe », déclare l’imam ratib de la grande mosquée de Karamoko Alpha mo Labé.

Mais très vite, un autre nom attire son attention : celui d’un enseignant réputé pour ses cours de grammaire et de jurisprudence.

« Entre-temps, j’ai appris que Thierno Abdoul Hamid enseignait le nahw (grammaire arabe) et le fiqh (jurisprudence) », fait savoir l’imam.

Sans hésiter, il décide alors de se rendre directement chez lui, comme le font traditionnellement les étudiants en sciences religieuses, pour approfondir ses connaissances en islam.

« Je me suis alors rendu à son domicile, où il m’a initié au sarf (morphologie) et au nahw. »

Un aveu important : l’actuel inspecteur régional reconnaît publiquement avoir été formé – même brièvement – par celui qui est aujourd’hui l’une des figures religieuses les plus influentes de la région.

Elhadj Badrou tient toutefois à préciser que cette période d’apprentissage n’a pas duré longtemps. Animé par une soif de savoir plus large, il poursuivra rapidement ses études à l’étranger, notamment en Égypte, destination majeure pour les étudiants musulmans d’Afrique de l’Ouest.

« Cependant, je n’y suis pas resté longtemps, car je suis ensuite parti poursuivre mes études en Égypte », a relaté l’imam.

Cette confidence, faite publiquement lors de l’inauguration de la mosquée de Hooré‑Holladé, a été perçue par de nombreux fidèles comme un geste d’humilité, de reconnaissance et un signal fort d’apaisement. Elle rappelle qu’au-delà des responsabilités administratives ou des divergences d’approche, les savants partagent souvent une histoire commune faite d’apprentissage et de transmission.

En retraçant ce parcours personnel, Elhadj Badrou Bah a surtout mis en lumière une valeur centrale de la tradition islamique locale : la quête du savoir, où l’élève va vers le maître, sans considération de statut.

Vendredi à Hooré-Holladé, ce n’était donc pas seulement l’inauguration d’une mosquée. C’était aussi la reconnaissance publique d’un lien ancien — celui d’un ancien étudiant venu honorer, devant tous, l’un de ses premiers enseignants.

Mamadou Aliou Diallo pour foutakameen.com

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