L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) a publié ce jeudi 5 mars 2026, à Conakry, une déclaration dans laquelle elle exprime sa « profonde préoccupation » après l’enlèvement de deux membres de la famille de l’ancien ministre Tibou Camara. Selon l’organisation de défense des droits humains, les faits se sont produits dans la nuit du mardi 3 mars 2026 à Dinguiraye.
Dans sa déclaration, l’OGDH affirme avoir appris, « avec une profonde préoccupation et une vive indignation, l’enlèvement de membres de la famille de l’ancien ministre de la République, Monsieur Tibou Camara ».
D’après les informations rapportées par une source familiale, « trois véhicules transportant des hommes en uniformes et cagoulés ont investi la résidence de Monsieur Camara » peu après 20 heures. Ces individus auraient ensuite procédé à l’interpellation de deux femmes de la famille, qui seraient toujours sans nouvelles à ce jour.
Il s’agit de : Hadja Assoumaouh Diallo, âgée de 84 ans, mère de Tibou Camara, Hadja Binta Camara, 68 ans, présentée comme l’aînée de la famille.
L’OGDH s’inquiète d’une série de cas similaires
Dans sa déclaration, l’organisation estime que cet enlèvement s’inscrit dans une série d’affaires similaires restées sans suites judiciaires. Elle cite notamment les cas impliquant les activistes Oumar Sylla et Bilo Bah en juillet 2024, ainsi que d’autres situations concernant des proches de l’artiste et militant Elie Kamano ou encore de responsables liés à l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG).
L’OGDH affirme ainsi exprimer « sa vive inquiétude face à la persistance de ces pratiques humiliantes et dégradantes, contraires aux lois nationales et aux engagements internationaux de la Guinée en matière de droits humains ».
Appel à une enquête et au respect de l’État de droit
L’organisation rappelle que la Guinée est signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui garantissent notamment le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité.
Face à la gravité de la situation, l’OGDH appelle les autorités à agir rapidement. Elle demande notamment au ministre de la Justice d’ouvrir « sans délai une enquête sérieuse et impartiale en vue de faire toute la lumière sur l’enlèvement des personnes susmentionnées ».
L’organisation exige également que « soient garanties l’intégrité physique et morale des membres de la famille de Monsieur Tibou Camara » et appelle à « la cessation immédiate des pratiques d’interpellations extrajudiciaires menées par des individus cagoulés ».
Enfin, l’OGDH affirme rester vigilante quant à l’évolution de cette affaire et réaffirme son engagement en faveur de la protection des droits et libertés fondamentales dans le pays.
La déclaration est signée par le président de l’organisation, l’avocat Alpha Amadou DS Bah.

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