Le paysage politique guinéen connaît un nouveau bouleversement. Les autorités ont annoncé la dissolution officielle de 40 partis politiques, pour “manquement aux obligations légales” prévues par la réglementation encadrant les formations politiques dans le pays.
Cette décision intervient quelques heures seulement après le retour en Guinée du président de la République, Mamadi Doumbouya, qui a séjourné pendant plusieurs semaines à l’étranger. C’est un véritable coup de balai que vient d’opérer les autorités à travers le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation à la suite du processus d’évaluation et d’assainissement du fichier des partis politiques engagé par le MATD.
Les grandes formations concernées
Parmi les partis dissous figurent plusieurs formations politiques majeures de la scène nationale, notamment :
L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, principal parti d’opposition du pays. La formation était déjà suspendue depuis plusieurs mois, tandis que son leader se trouve actuellement en exil.
Le Rassemblement du Peuple de Guinée Arc-en-ciel (RPG-AEC), ancien parti au pouvoir dirigé par Alpha Condé, renversé lors du coup d’État du 5 septembre 2021.
L’Union des Forces Républicaines (UFR) de Sidya Touré, autre acteur majeur de la classe politique guinéenne également hors du pays depuis le coup d’État de septembre 2021.
La dissolution de ces trois formations politiques marque un tournant significatif dans la recomposition du champ politique, à quelques mois des échéances électorales annoncées par les autorités, alors que le parti Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) du Président Mamadi Doumbouya est en gestation.
Une longue liste de partis concernés
Outre ces grandes formations, plusieurs autres partis politiques ont également été dissous :
Parti du Renouveau et du Progrès (PRP)
Parti de l’Unité et du Progrès (PUP)
Génération Citoyenne (Ge-Ci)
Parti Démocratique de Guinée – RDA (PDG-RDA)
Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG)
Parti du Peuple de Guinée (PPG)
Union pour le Changement de Guinée (UCG)
Mouvement pour la Solidarité et le Développement (MSDD)
Parti Libéral Démocrate (PLD)
Parti Guinéen pour la Solidarité et le Développement (PGSD)
Synergie des Guinéens pour le Progrès (SGP)
Rassemblement pour le Développement Intégré (RDIG)
Rassemblement Guinéen pour l’Unité et le Progrès (RGUD)
Parti pour la Démocratie et le Progrès (PDP)
Parti Serviteur du Peuple (PSP)
Parti Nouvelle Vision (PNV)
Parti Guinéen du Peuple (PGP)
Rassemblement pour la Paix et le Développement (RPD)
Parti du Rassemblement National pour le Développement (PRND)
Parti HAFIA
Front National pour le Développement (FND)
Parti du Travail et de la Solidarité (PTS)
Parti des Écologistes Guinéens (PEG)
Parti Socialiste (PS)
Les Sociaux Démocraties de Guinée (SDG)
Union Nationale pour l’Égalité et le Développement (UNED)
Union pour une Guinée Nouvelle (UGN)
Génération pour la Réconciliation et l’Union (GRUP)
Alliance des Démocrates Indépendants (ADIEG)
Alliance Nationale pour le Progrès (ANP)
Guinée pour la Démocratie et l’Équité (GDE)
Guinée Unie pour le Développement (GUD)
Parti de la Révolution Africaine Populaire (PRPAG)
Union des Forces Démocratiques (UFD)
Union pour le Progrès de la Guinée (UPG)
Union Guinéenne pour la Démocratie (UGDD)
Alliance pour le Renouveau National (ARENA)
Vers une recomposition du paysage politique ?
Selon les autorités, ces dissolutions sont motivées par le non-respect des obligations administratives et légales, notamment celles liées au fonctionnement interne, à la représentativité ou à la conformité aux textes régissant les partis politiques.
Cette décision pourrait redessiner profondément la carte politique guinéenne. Reste désormais à savoir quelles seront les réactions des formations concernées, en particulier celles des grands partis comme l’UFDG, le RPG Arc-en-ciel et l’UFR, dont l’influence sur l’échiquier politique guinéen demeure importante.
Mamadou Aliou Diallo pour foutakameen.com

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