Dissolution de partis politiques en Guinée : des citoyens redoutent un retour au parti unique

Dissolution de partis politiques en Guinée : des citoyens redoutent un retour au parti unique

Dans un arrêté lu à la télévision nationale le vendredi 6 mars 2026, le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a procédé à la dissolution de 40 partis politiques, dont les plus importants du pays, à savoir : l’UFDG, le RPG Arc-en-ciel, l’UFR. Le PDG-RDA fondé par Ahmed Sékou Touré, père de l’indépendance guinéenne n’a pas aussi échappé à cette vague de dissolutions. Cette décision du département en charge de l’administration du territoire suscite de vives réactions au sein de la population de Labé, où plusieurs citoyens n’ont pas manqué de fustiger l’acte du gouvernement.

Abdoulaye N’Diaye, citoyen de Labé, déplore cette décision. Il affirme avoir été alerté par la publication sur les réseaux sociaux d’images de certains opposants.

« C’est ce matin que j’ai vu une photo de Cellou Dalein, Alpha Condé et Sidya Touré, tous collés, annonçant la dissolution de leurs partis politiques. Pour moi, afin de maintenir une démocratie dans un pays, il faut laisser le multipartisme s’exprimer. Mais le constat est que, dans les régimes où les militaires sont installés au pouvoir, il n’y a presque plus de partis politiques. On peut citer des exemples comme la Guinée, le Mali ou encore le Burkina Faso. J’exhorte les dirigeants actuels à revoir cette décision et à laisser les citoyens exercer leur droit d’appartenir à un parti politique », explique-t-il.

Thierno Mouhamadou Diallo, enseignant de profession, s’inscrit dans la même dynamique pour dénoncer cette mesure.

« C’est quelque chose qui n’est pas joli. À un moment donné, ils ont dit qu’il y avait des partis politiques qui n’étaient pas en règle. Mais si l’on analyse depuis leur avènement à la tête du pays, on voit clairement leur intention envers ces partis politiques. Ils ne veulent pas que ces grands partis existent dans le pays afin de mener tranquillement leur politique. Mais je pense que cela ne peut pas décourager les militants de ces formations politiques. Ils doivent rester fidèles à leurs convictions, parce que tout finit un jour », déclare-t-il.

Un autre citoyen exprime également sa crainte de voir la Guinée retourner vers un système de parti unique.

« Moi, ce que je vois ici, c’est qu’ils veulent imposer un parti unique aux Guinéens. Et cela ne serait pas bon pour l’évolution de la démocratie dans notre pays. Ils ne doivent pas faire taire toutes les personnes qui ne sont pas avec eux. Je ne pense pas que tous ces partis politiques qui existent depuis longtemps ne soient pas en règle. C’est difficile à comprendre. C’est pourquoi je leur demande de revoir cette décision », indique Mamadou Aliou Baldé.

Il faut préciser que plusieurs de ces partis dissous étaient suspendus de toute activité depuis des mois. Une question reste cependant largement posée au sein de l’opinion : quel avenir politique pour ces grandes figures qui ont autrefois prétendu à la magistrature suprême, notamment Cellou Dalein Diallo, Sydia Touré et d’autres ? L’avenir nous édifiera.

Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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