Dans la sous-préfecture de Tangaly, située dans la préfecture de Tougué, l’absence d’électricité continue d’influencer et d’impacter profondément le quotidien des habitants. Pour pallier ce manque, plusieurs jeunes se sont lancés dans une activité devenue essentielle : le chargement des téléphones portables à l’aide de panneaux solaires et de groupes électrogènes. Cette activité est devenue une source de revenus pour beaucoup de jeunes.
Dans cette localité où l’accès au courant électrique reste un défi majeur, ces petits centres de recharge, communément appelés « télécentres », constituent aujourd’hui un service vital pour les populations. Ils permettent non seulement aux habitants de maintenir le contact avec leurs proches, mais aussi de suivre l’actualité et de mener certaines activités économiques liées au téléphone mobile.
Rencontré par la rédaction de Foutakameen.com, Abdoulaye Baldé, l’un de ces jeunes entrepreneurs, explique comment il s’organise au quotidien pour répondre aux besoins de la population.
« En raison du manque d’électricité dans notre localité, nous utilisons des groupes électrogènes et des panneaux solaires pour recharger les téléphones. C’est une activité que nous faisons chaque jour pour rendre service aux habitants », explique-t-il.
Selon Abdoulaye Baldé, l’affluence varie selon les périodes, notamment lors du marché hebdomadaire qui attire de nombreuses personnes venues des villages environnants.
« C’est surtout le mercredi, jour du marché hebdomadaire, que nous recevons le plus de téléphones à recharger », précise-t-il.
Concernant les tarifs, il indique qu’ils varient selon le type d’appareil et la source d’énergie utilisée.
« Comme je suis originaire de la localité, j’essaie de maintenir des prix accessibles. Le chargement d’un téléphone coûte 1 000 francs guinéens. Pour les power banks, les prix varient entre 2 000 et 5 000 francs selon la puissance de la batterie. Mais parfois, nous sommes obligés d’utiliser le groupe électrogène. Or le litre d’essence coûte entre 12 000 et 14 000 francs, et un moteur peut consommer jusqu’à cinq litres par jour. Dans ces conditions, ce n’est pas toujours facile de rentabiliser l’activité », détaille-t-il.
Face au grand nombre de téléphones confiés chaque jour, Abdoulaye Baldé a mis en place un système simple mais efficace pour éviter les confusions entre les appareils.
« Pour identifier les téléphones, j’ai conçu des tickets numérotés. Parfois aussi, j’inscris le nom du propriétaire sur le téléphone. Sans ces deux signes, il est impossible pour moi de restituer l’appareil à quelqu’un », explique-t-il.
Il précise également la procédure à suivre en cas de perte de ticket.
« Si quelqu’un perd son ticket, il doit le signaler immédiatement pour que je puisse mettre le téléphone de côté. Mais si une personne retrouve le ticket et vient réclamer le téléphone, je ne peux pas être tenu responsable, car pour moi, c’est le ticket qui fait foi », souligne-t-il.
Au-delà de cette activité qui lui permet de subvenir à ses besoins, Abdoulaye Baldé appelle les autorités à agir pour améliorer les conditions de vie dans la localité.
« Je demande à mes clients de coopérer pour faciliter notre travail. Mais j’adresse aussi un appel aux autorités afin qu’elles nous aident à obtenir l’électricité et à améliorer l’état des routes », lance-t-il.
Il convient de rappeler que la sous-préfecture de Tangaly n’est pas la seule localité confrontée à l’absence d’électricité dans la préfecture de Tougué. Face à cette situation, de nombreux habitants se tournent vers l’énergie solaire, devenue une solution alternative pour répondre aux besoins énergétiques de base.
Pour certains jeunes, cette activité de chargement de téléphones représente à la fois un service rendu à la communauté et une source de revenus, contribuant modestement au développement local.
Aïssatou Maleya Diallo pour foutakameen.com

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