À quelques heures de la fête de Ramadan, l’ambiance au marché central de Labé reste contrastée. À la veille de la fête de Ramadan, le grand marché connaît une affluence notable. Mais derrière cette présence des clients, les commerçants peinent à écouler leurs marchandises, confrontés à une crise persistante de liquidités. Entre montée en puissance des paiements électroniques comme Orange Money et difficultés d’accès au cash, l’activité commerciale tourne au ralenti.
Amadou Laly, vendeur d’habits et de chaussures, dresse un constat préoccupant. Selon lui, les recettes diminuent d’année en année.
« Il n’y a pas beaucoup de clients et les ventes régressent au fil du temps. Grâce à Dieu, nous arrivons à tenir, mais nous sommes confrontés à d’énormes difficultés de liquidité. Nous perdons même une partie de notre clientèle », déplore-t-il.
Un avis que nuance Mamadou Cellou Diallo. Pour ce commerçant, la clientèle existe bel et bien, mais d’autres facteurs freinent l’activité.
« Les clients sont là, mais nos commandes ne sont pas arrivées à temps. L’année passée, nous avions réalisé de bonnes ventes. Cette année, certains articles, notamment les habits pour enfants, sont en rupture », explique-t-il.
De son côté, Mamadou Alpha Bah se montre plutôt optimiste. Il affirme enregistrer une affluence satisfaisante.
« Les clients viennent en nombre. Je propose toutes sortes d’habits, pour hommes et pour femmes, ainsi que des chaussures. Les prix sont abordables, car notre objectif est de satisfaire la clientèle », souligne-t-il.
Du côté des acheteurs, le constat est globalement positif en ce qui concerne les prix, jugés accessibles. Toutefois, le mode de paiement évolue. Adama Diallo, rencontrée sur les lieux, témoigne :
« Nous sommes venus acheter des habits et des chaussures pour les enfants. Cette année, les prix sont abordables, mais nous payons surtout via Orange Money », indique-t-elle.
Malgré cette dynamique, la question de la liquidité demeure une préoccupation majeure pour les commerçants. Mamadou Alpha Bah lance un appel aux autorités :
« Nous avons de sérieuses difficultés pour obtenir du cash. Un client peut faire un achat d’un million de francs guinéens, payer seulement 200 000 GNF en espèces et le reste via Orange Money. Or, nous rencontrons aussi des problèmes pour effectuer des retraits », alerte-t-il.
À l’approche de la fête, le marché central de Labé reflète ainsi les réalités d’une économie en mutation, où la digitalisation des paiements cohabite difficilement avec les besoins en liquidités des commerçants et des clients.
Abdoul Karim Baldé pour foutakameen.com

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