Le manque de liquidités continue d’avoir un impact sur le quotidien des citoyens. Depuis plusieurs semaines, il est très difficile d’effectuer des retraits d’argent. À quelques jours de la fête de Ramadan, cette situation inquiète les citoyens, les commerçants et les agents commerciaux.
Plusieurs citoyens rencontrés ont du mal à obtenir des liquidités pour faire face à leurs besoins liés surtout à la fête.
Mamadou Cellou Diallo, citoyen, est obligé de rester une semaine en ville à cause du manque de liquidités.
« C’est difficile d’effectuer un retrait. Depuis le début du mois de Ramadan, nous sommes à la recherche de liquidités, mais c’est impossible avec cette pénurie. C’est compliqué pour nous, car beaucoup de personnes ont leur argent dans leurs comptes. Certains reçoivent de l’argent de l’extérieur, qui arrive sur leurs comptes, mais c’est seulement s’ils parviennent à effectuer un retrait qu’ils pourront satisfaire leurs besoins. Actuellement, cela fait deux semaines que je suis en ville, sans pouvoir rentrer au village à cause du manque de liquidités », a témoigné Mamadou Cellou Diallo.
Les commerçants sont également touchés de plein fouet par cette crise de liquidités qui perdure.
« Le manque de retraits nous impacte énormément. Certains clients viennent faire des achats, mais ils n’ont pas de liquidités. Ils partent chercher à retirer de l’argent, se fatiguent sans succès, et même s’ils nous paient par Orange Money, nous aurons des difficultés à nous approvisionner en nouvelles marchandises », explique Mamadou Cellou, commerçant.
Un autre vendeur abonde dans le même sens.
« Actuellement, nous n’arrivons pas à effectuer des retraits pour les clients, car nous n’avons pas de liquidités. D’habitude, lorsque nous faisons des retraits et que nous avons besoin d’argent, nous faisons un retour et on nous envoie des fonds. Les agents commerciaux sont nos interlocuteurs entre nous et les banques. Ce sont eux qui vont chercher l’argent à la banque pour nous servir, et nous, à notre tour, effectuons les retraits. Certains clients viennent faire des achats sans liquidités ; nous sommes alors obligés d’accepter des dépôts, mais pour les retraits, c’est impossible. Nous souffrons énormément », se lamente de son côté, Mamadou Bobo Diallo.
Certains agents commerciaux disposent de liquidités, mais des dispositions sont prises pour satisfaire un maximum de citoyens.
« C’est difficile d’effectuer des dépôts et des retraits actuellement, mais Dieu merci, nous parvenons à le faire pour satisfaire certains clients. Pour chaque personne, nous limitons le retrait à 200 000 GNF afin que chacun puisse en bénéficier. Mais certains veulent retirer uniquement pour eux, ce qui n’est pas normal. Le manque de liquidités nous fatigue énormément, nous n’arrivons pas à travailler dans de bonnes conditions », déplore Mamadou Diouldé, agent commercial.
Alors que les fidèles musulmans sont à moins de 24 heures de la célébration de l’Aïd, le manque de liquidités n’épargne personne et touche l’ensemble du pays. De nombreux citoyens confient être dans l’impossibilité de satisfaire leurs besoins liés à la fête. Beaucoup errent devant les kiosques de retrait d’argent, faisant face à de longues files d’attente sans espoir. Ils se retrouvent ainsi plongés dans une grande incertitude.
Boubacar Diallo, pour foutakameen.com

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