À l’occasion de la présentation de la politique générale du gouvernement de la Cinquième République devant le Conseil national de la transition (CNT), ce mercredi 25 mars 2026, à l’hémicycle, Amadou Oury Bah a décliné les grandes orientations de l’action gouvernementale. Dans un discours axé sur les infrastructures, les transports, les technologies et l’énergie, le chef du gouvernement a notamment annoncé un programme structuré autour de mégaprojets et de réformes, assorti d’importants investissements, en vue de soutenir la transformation économique et territoriale de la Guinée.
D’entrée, le chef du gouvernement a annoncé la couleur : « l’action gouvernementale s’appuie sur 52 mégaprojets et 10 réformes, pour un volume d’investissements de 100 milliards de dollars ». Une enveloppe colossale destinée à impulser selon lui, une nouvelle dynamique de développement à l’échelle nationale.
Dans le secteur des infrastructures et des transports, les ambitions sont tout aussi marquées.
« Elle prévoit notamment la réalisation de 2 900 kilomètres d’autoroutes et de 2 500 kilomètres de lignes ferroviaires, afin de structurer durablement le territoire et soutenir la transformation économique du pays », a-t-il déclaré. Ces investissements visent selon le Premier ministre à désenclaver les zones reculées, améliorer la mobilité et faciliter les échanges commerciaux.
Sur le plan technologique, le Premier ministre a souligné les avancées déjà enregistrées, tout en projetant une montée en puissance du numérique.
« Plus de 12 000 kilomètres de fibre optique ont été déployés », a-t-il indiqué, avant d’évoquer « le rapatriement du nom de domaine national (.gn), l’exécution des projets par des experts guinéens dont ceux de la diaspora (Télémo, SAFIG), la mise en service du datacenter national de classe Tier III et le relèvement de la couverture numérique à 95 % d’ici 2040 », autant d’actions qui, selon lui, « marquent une étape importante vers la souveraineté numérique ».
Dans cette dynamique, il a également rappelé l’importance du positionnement international de la Guinée, notamment à travers « l’organisation du Transform Africa Summit (TAS) en novembre dernier, [qui] a placé notre pays au cœur des discussions sur la question de l’Intelligence Artificielle au niveau sous-régional et continental ».
Au-delà des annonces chiffrées, Amadou Oury Bah a insisté sur la finalité de ces investissements : « Cet axe constitue également l’armature territoriale du programme. Il devra réduire les coûts logistiques, désenclaver les territoires, connecter les bassins de production, fluidifier les échanges et donner à la Guinée une nouvelle géographie économique ».
Dans cette logique d’aménagement du territoire, le gouvernement entend renforcer l’interconnexion nationale.
« Un programme progressif sera mis en œuvre pour relier chaque capitale régionale à ses capitales préfectorales, par des infrastructures routières modernes », a-t-il annoncé. Une seconde phase est également envisagée pour améliorer l’accessibilité locale : « la mise en place d’un réseau de dessertes locales reliant les chefs-lieux administratifs aux sous-préfectures, afin de faciliter l’accès aux zones rurales […] et rapprocher l’action publique des citoyens ». À cet effet, « le Gouvernement prévoit la réalisation de 5 500 kilomètres de routes d’ici 2030 ».
Le secteur énergétique figure aussi parmi les priorités. Le Premier ministre a rappelé que « plus de 300 localités rurales ont été raccordées » et que « plusieurs projets hydroélectriques, thermiques et d’interconnexion régionale ont été engagés ». Toutefois, conscient des défis, il a reconnu « les vulnérabilités structurelles liées à notre dépendance aux importations d’hydrocarbures ».
Face à cette réalité, le gouvernement opte pour un changement de cap stratégique.
« Le Gouvernement orientera résolument sa politique vers la maîtrise durable des coûts énergétiques et le renforcement de notre souveraineté », a-t-il affirmé. Une orientation qui passera notamment par « une accélération du développement des énergies renouvelables, en particulier du solaire, afin de réduire la pression sur les finances publiques, sécuriser l’approvisionnement et offrir aux territoires des solutions énergétiques décentralisées, accessibles et durables ».
À travers ce discours, Amadou Oury Bah pose ainsi les jalons d’un vaste chantier de modernisation, articulé autour de la connectivité, de la souveraineté numérique et énergétique, et d’une meilleure intégration territoriale, avec en ligne de mire une transformation profonde de l’économie guinéenne.
Mamadou Aliou Diallo pour foutakameen.com

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