Affaire Tadi Kourouma : l’avocat du médecin brise le silence, conteste toute procédure pour viol et contre-attaque

Affaire Tadi Kourouma : l’avocat du médecin brise le silence, conteste toute procédure pour viol et contre-attaque

À Conakry, l’affaire opposant Tadi Kourouma à son médecin traitant, le Dr Ismaël Sylla, continue de susciter un vif débat dans l’opinion publique. Entre accusations graves, rebondissements judiciaires et guerre de communication dans les médias et sur les réseaux sociaux, le dossier s’inscrit désormais dans une confrontation de versions, en attendant que la justice tranche. Selon les éléments recueillis, l’affaire remonte à 2022. À cette période, une patiente nommée Tadi Kourouma accuse son médecin traitant de faits particulièrement graves à la suite d’une consultation médicale.

L’affaire prend une dimension personnelle et sociale importante après la survenue d’une grossesse, qui entraînera par la suite une rupture conjugale et une médiatisation progressive du dossier.

Dans un premier temps, des démarches sont entreprises au niveau des services spécialisés, avant que la situation n’évolue vers des tentatives de règlement à l’amiable a expliqué Tadi Kourouma. Pendant un certain temps, une prise en charge matérielle est assurée, avant d’être interrompue, relançant ainsi les tensions entre les deux parties.

Le dossier connaît ensuite plusieurs orientations judiciaires, passant notamment par différentes juridictions à Conakry. Toutefois, l’absence de décision définitive et la lenteur de la procédure contribuent à installer un climat de frustration, amplifié par la médiatisation de l’affaire sur les réseaux sociaux.

C’est dans ce contexte que la situation bascule dans une nouvelle phase judiciaire. À la suite de prises de parole publiques et de publications en ligne, le Dr Ismaël Sylla engage une procédure contre Tadi Kourouma pour des faits d’injure publique et de diffamation.

Dans un entretien accordé à la rédaction de foutakameen.com au titre du droit de réponse, son avocat, Me Sylla Fassinet, apporte des précisions sur l’état actuel du dossier. Il affirme notamment qu’à ce jour, aucune procédure judiciaire pour viol n’a été engagée contre son client.

« En ce que je sache, nous ne sommes pas devant le tribunal pour une procédure de viol, mais par ailleurs nous sommes devant le tribunal pour une procédure de chantage, de diffamation et d’injure », déclare-t-il.

L’avocat insiste sur l’absence de convocation ou d’invitation judiciaire liée à des accusations de viol depuis 2022.

« À ma connaissance, nous n’avons pas encore reçu une invitation par aucune juridiction du pays pour ce cas de viol », affirme l’avocat.

En revanche, il confirme l’existence d’une procédure en cours devant le tribunal de Dixinn initiée par son client. Après une enquête préliminaire et une phase d’instruction, le juge a rendu une ordonnance le 21 mars 2026.

« Le juge en charge du dossier a rendu déjà son ordonnance de non-lieu partiel et de renvoi devant le tribunal pour que l’affaire soit jugée », précise Me Fassinet, évoquant l’ordonnance n°178 signée par le juge d’instruction Abdoulaye Petel Barry.

Selon lui, seules certaines infractions ont été retenues à ce stade.

« Le juge n’a retenu que l’injure publique et ensuite les faits de diffamation », précise l’avocat du médecin.

Sur les autres accusations, notamment celles liées à une relation personnelle ou à un abandon, la défense reste prudente et renvoie à la nécessité de preuves devant la justice :

« Si elle se dit être abandonnée, qu’elle rapporte la preuve. En tout cas, la juridiction, c’est la preuve », lance Me Facinet.

Interrogé sur la nature des relations entre les deux protagonistes, l’avocat indique ne pas être en mesure de se prononcer.

« Je ne peux pas répondre à la place de mon client par rapport à cette relation », affirme-t-il.

Alors que les réseaux sociaux continuent de relayer largement cette affaire, la défense affirme vouloir s’en tenir strictement au cadre judiciaire.

« Mon travail se limite devant les juridictions et devant les officiers enquêteurs », souligne Me Fassinet.

Désormais, l’affaire est pendante devant le tribunal de première instance de Dixinn, où elle devrait être prochainement programmée pour jugement. Une étape décisive qui pourrait permettre de clarifier les faits dans un dossier sensible, au croisement des questions de justice, de réputation et de violences alléguées.

Houssainatou Bah et Mamadou Aliou Diallo pour foutakameen.com

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