Secteur du transport à Labé : rien ne va plus entre les membres du bureau du syndicat affilié à la CNTG, les chauffeurs en colère et le bureau cadenassé

Secteur du transport à Labé : rien ne va plus entre les membres du bureau du syndicat affilié à la CNTG, les chauffeurs en colère et le bureau cadenassé

La crise au sein de l’Union syndicale des transporteurs de Labé prend une tournure grave. Plusieurs chauffeurs membres de l’union, soutenus par des responsables internes, exigent le départ immédiat et sans négociation du secrétaire général adjoint de leur structure. Ils l’accusent de mauvaise gestion, de partialité et de comportements qui mettent en péril la stabilité de leur secteur déjà fragile.

La grogne monte depuis plusieurs semaines, mais c’est un récent incident survenu sur le terrain qui a mis le feu aux poudres. D’après les témoignages recueillis, notamment celui de Mamadouba Banks Camara, chargé des conflits et négociations à la CNTG de Labé, tout serait parti d’un ordre donné par le secrétaire général adjoint à Maître Ismaïla et son équipe pour intercepter des véhicules soupçonnés de ne pas respecter les consignes syndicales.

« Ils ont arrêté quatre véhicules. Un cinquième, appartenant à un proche du secrétaire général adjoint, a été retrouvé sur les lieux. Ce dernier a ordonné qu’on le relâche immédiatement, mais Maître Ismaïla a refusé de céder à la pression. Il a estimé que s’il devait relâcher celui-là, il faudrait aussi libérer les autres pour être équitable », explique le syndicaliste.

La situation s’est ensuite envenimée. Une altercation physique a éclaté dans les locaux de l’Union à Labé. Maître Ismaïla aurait été violemment agressé, ce qui a nécessité une intervention d’urgence. D’après Mamadouba Banks Camara, la victime souffre de maladies chroniques, notamment de diabète et d’hypertension, et son état de santé s’est fortement dégradé après l’incident.

« J’ai crié au secours mais c’était trop tard. Chérif s’était déjà jeté sur lui. Quand un responsable agit ainsi, il met toute la structure en danger ».

Pour les chauffeurs de Labé, cette situation n’est que le symptôme d’un mal plus profond : une gestion inefficace et des querelles internes qui paralysent l’activité syndicale. Thierno Sadou Diallo, chauffeur, dénonce une ambiance délétère.

« Ils passent leur temps à se disputer, parfois à s’insulter devant nous. Ils ont été choisis par nous, mais ils n’ont pas été à la hauteur. Aujourd’hui, le bureau est fermé, et cela impacte tout le secteur. Nous appelons le préfet et le maire à intervenir », réagit ce chauffeur.

Même son de cloche du côté d’Oumar Diouldé N’Gadjiko, qui estime que l’union a perdu sa mission première : défendre les intérêts des transporteurs.

« Tout ce que nous voulons, c’est la paix. Leur préoccupation n’est plus de nous représenter, mais de garder leur poste. Depuis la mort de notre ancien leader, Elhadj Maladho, rien n’a été fait pour améliorer notre situation. Il leur reste trois mois, mais nous n’en pouvons plus », fustige cet autre transporteur.

Face à la gravité des faits, la hiérarchie syndicale n’a pas tardé à réagir. Mamadouba Banks Camara annonce que le bureau confédéral, ainsi que le général Sangaré à la tête de l’Union régionale, ont décidé de suspendre le secrétaire général adjoint mis en cause.

« Une délégation est même venue de Conakry. Elle a décidé de renforcer la sanction : il ne remettra plus les pieds dans le bureau jusqu’à nouvel ordre. Nous ne pouvons pas laisser de tels actes impunis. Il faut que cela serve de leçon », a déclaré Monsieur Camara.

La demande des transporteurs est claire : une nouvelle direction, compétente et intègre. Le départ immédiat des actuels responsables est vu comme une condition indispensable pour retrouver un climat de confiance et relancer le fonctionnement de leur structure.

En attendant, le secteur du transport routier à Labé reste paralysé, les bureaux fermés, et la tension toujours palpable.

Aissatou Maleya DIALLO pour foutakameen.com

COMMENTS