À Sanfonia, sur la Transversalle 7 (T7), deux boutiques attirent chaque jour un public fidèle : Royal Abaya Frip et Royal Prestige Frip. Derrière ces enseignes devenues incontournables, une jeune femme de 22 ans, déterminée à redéfinir la mode en Guinée. Elle s’appelle Fatima Bah, étudiante en troisième année de gestion d’entreprise, et en moins d’un an, elle a réussi ce que beaucoup n’osent même pas rêver : créer un concept, imposer une tendance, et bâtir un début d’empire… à partir de presque rien.
Une idée née d’un constat simple
L’histoire commence avec une frustration. « Beaucoup de femmes aiment s’habiller modestement, mais les Abayas neuves coûtent trop cher », explique-t-elle.
Étudiante, elle en faisait elle-même les frais. Alors elle cherche une alternative, quelque chose de plus accessible. La solution surgit comme une évidence : des Abayas de seconde main, sélectionnées, soignées, proposées à des prix dérisoires.
Une idée simple, mais révolutionnaire dans un marché encore peu exploré.
Une communauté avant la boutique
Avant d’avoir une adresse physique, Bah Fatima avait déjà un public. C’est d’abord sur Facebook qu’elle construit les bases de son activité.
« J’ai vendu en ligne, longtemps, avant d’ouvrir ma première boutique. Sans les réseaux, rien n’aurait été possible », confie-t-elle.
Son ton, sa sincérité, sa manière de présenter les produits créent un lien immédiat avec ses clients. Rapidement, elle ne vend plus seulement des Abayas : elle vend une vision.
Deux boutiques en moins d’un an
Royal Abaya Frip ouvre officiellement il y a six mois. L’idée prend fort. À tel point qu’une deuxième boutique dédiée aux hommes voit le jour, créant la surprise… même pour elle. « Jamais je n’aurais imaginé deux boutiques en moins d’un an. Mais j’avais une vision, et Dieu a fait le reste. »
L’audace des expositions en plein air
Son autre coup de génie : les ventes en plein air. Un format inédit en Guinée. Beaucoup l’en ont dissuadée, mais elle persiste. Et le concept devient un carton. Les clientes affluent, curieuses de découvrir cette nouvelle manière de consommer la friperie. « Quand tu n’essaies pas, tu ne peux pas savoir. » Une philosophie qui résume parfaitement son parcours.
Changer l’image de la fripperie
Pour Fatima Bah, la friperie n’est pas un choix par défaut. C’est un geste intelligent, responsable, économique et tendance. Elle-même en porte fièrement. « La friperie, c’est donner une seconde vie à un vêtement. Ce n’est pas du tout un signe de manque de moyens. »
Dans un pays où tout le monde porte de la seconde main sans toujours l’assumer, elle propose une nouvelle lecture, plus moderne, plus assumée.
La force d’une vision malgré les doutes
Les débuts n’ont pas été simples. Les critiques, les mises en garde, les peurs des proches… Tout y est passé. Mais la jeune femme n’a jamais cédé. « J’ai douté, oui. Mais abandonner ? Jamais. » Elle attribue sa force à sa mère, source de résistance et de résilience. Et à chaque vente, chaque retombée positive, elle retrouve la preuve qu’elle est sur la bonne voie.
Un message pour celles et ceux qui veulent se lancer
À 22 ans, Fatima Bah parle avec la maturité de celles qui ont appris vite. Son conseil est simple : arrêter d’attendre.
Elle en est l’exemple vivant : ses premières ventes se faisaient dans sa cour, dans une partie du salon familial. Aujourd’hui, elle conseille des jeunes entrepreneures, vend en gros, et inspire une génération.
« Je suis fière de la petite Fatima”
Si elle pouvait remonter le temps, elle dirait à son ancienne version de continuer. De ne jamais cesser de croire en elle. « Si les gens ont confiance en moi aujourd’hui, c’est parce que j’ai d’abord eu confiance en moi-même. »
Fatima Bah n’a pas seulement créé deux boutiques. Elle a ouvert un chemin. Un chemin où la détermination d’une étudiante peut transformer un vêtement de seconde main… en symbole de réussite.
Houssainatou Bah pour foutakameen.com

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