En tournée de sensibilisation dans la région de Boké ce lundi 15 décembre, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, s’est exprimé sans détour sur le rôle de la presse et les responsabilités qui en découlent pour les professionnels des médias.
Face aux journalistes, le responsable de l’institution de régulation des médias en Guinée a tenu à déconstruire une idée largement répandue. « Il faut être clair : aucune loi, aucun texte juridique ne dit que la presse est un quatrième pouvoir », a-t-il affirmé. Selon lui, cette appellation ne repose sur aucun fondement légal. « Ce concept n’est écrit nulle part. Il ne figure ni dans la Constitution ni dans les lois qui encadrent la presse », a-t-il insisté.
Boubacar Yacine Diallo estime toutefois que cette revendication symbolique implique une responsabilité particulière. « Quand on se présente comme un pouvoir, on doit en assumer les exigences », a-t-il lancé, mettant en garde contre la diffusion d’informations non vérifiées. « Beaucoup de dérives viennent du manque de recoupement. Une source mal informée devient rapidement un canal de désinformation », a-t-il prévenu.
Reconnaissant que l’erreur peut survenir dans l’exercice du métier, le président de la HAC a appelé à plus de rigueur et d’humilité. « Se tromper est humain, mais penser qu’on ne peut jamais se tromper est dangereux pour le journalisme », a-t-il déclaré. Il a également rappelé que l’État ne restera pas passif face aux manquements. « Si les règles ne sont pas respectées, il y aura des conséquences », a-t-il averti.
Enfin, il a souligné que la loi joue un double rôle vis-à-vis de la presse. « Le cadre légal existe pour sanctionner les fautes, mais aussi pour protéger les journalistes », a rappelé Boubacar Yacine Diallo. « Les professionnels, y compris ceux qui exercent dans des conditions précaires ou qui ont perdu leur emploi, doivent savoir que la loi peut aussi être un bouclier », a-t-il conclu.
Houssainatou Bah pour foutakameen.com

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