Cellou Dalein avertit Mamadi Doumbouya : « Dans ce combat, nous ne plierons pas, nous ne reculerons pas »

Cellou Dalein avertit Mamadi Doumbouya : « Dans ce combat, nous ne plierons pas, nous ne reculerons pas »

Après le dépôt de la candidature du général Mamadi Doumbouya pour l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025 en Guinée, le présidentde l’UFDG a livré une déclaration catégorique. Dans sa déclaration rendue publique ce samedi 8 novembre2025, Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG, a dénoncé un coup d’État « assimilé à une haute trahison » et invite les citoyens à se mobiliser pour faire face à cette situation et de prendre en main leurs responsabilités.

Voici l’intégralité de son discours :

Mes chers compatriotes,

Ce lundi 3 novembre 2025, la Guinée a été une nouvelle fois trahie. Les Guinéens ont manqué un autre rendez-vous avec l’histoire. Celui qui avait juré devant Dieu et devant le peuple de ne jamais se porter candidat à l’élection présidentielle, marquant la fin de la transition, est revenu sur sa parole au mépris de son serment et de sa parole d’officier. Le général Mamadi Doumbouya a déposé en effet sa candidature à la Cour suprême, la plus haute institution judiciaire du pays, devant laquelle il avait juré pourtant de ne jamais le faire et à laquelle il avait demandé qu’en cas de parjure on le fasse subir à la rigueur de la loi. C’est à un autre coup d’État assimilable à une haute trahison que nous avons assisté ce 3 novembre, après celui sanglant du 5 septembre 2021.

Mes chers compatriotes, notre pays est dirigé de main de fer par un groupe de prédateurs, un clan mafieux qui a instauré pour se maintenir au pouvoir un climat de terreur marqué par une violation massive des droits de l’homme et une restriction drastique des libertés publiques. On a enregistré à ce jour des dizaines d’assassinats ciblés, plusieurs enlèvements nocturnes suivis de tortures, des emprisonnements arbitraires, des harcèlements judiciaires ainsi que des morts suspectes en détention de personnalités civiles et militaires. La question que tout le monde se pose aujourd’hui est la suivante : que faire pour arrêter la folie liberticide de la junte et mettre fin à cette dictature féroce et impitoyable ? Chacun de nous est concerné par la résistance à opposer à cette junte, sans foi ni loi, prisonnière de ses propres trahisons, engluée dans ses contradictions. Elle avait promis la refondation. Elle n’offre que l’arme et la désolation. Elle avait promis une transition démocratique et se rend coupable de haute trahison et envisage de confisquer le pouvoir par l’intimidation, la ruse et la violence. Notre peuple, aujourd’hui meurtri, opprimé, séquestré et dominé, fera payer le parjure par la puissance irrésistible de la volonté populaire. Considérons-nous désormais, où que nous nous trouvions, comme des soldats de la démocratie engagés et mobilisés pour le salut national. Face à la triste réalité que nous subissons tous et aux sombres perspectives qui nous menacent, rester les bras croisés ou détourner le regard n’est pas une option. Nous ne pouvons nous résoudre au fait accompli par la démission collective ou par la résignation individuelle.

Peuple martyre de Guinée, mes chers compatriotes, nous devons mieux nous organiser, nous rassembler au-delà des partis politiques et des communautés régionales pour identifier ensemble les nouvelles stratégies, plus adaptées à la lutte que nous devons mener pour le triomphe des valeurs que nous partageons et pour l’épanouissement des générations actuelles et futures. Dans ce combat, nous ne plierons pas, nous ne reculerons pas, nous ne céderons pas, nous nous dresserons tous comme un seul homme avec courage et détermination pour mettre fin au cycle des promesses trahies et des serments bafoués. Nous nous battrons par tous les moyens pour la liberté, la démocratie et la justice, pour le triomphe de la légitimité républicaine et la préservation des acquis démocratiques obtenus de hautes luttes et chers à tous, à ceux qui se croient invulnérables et invincibles parce qu’ils se sont enrichis sur le dos du peuple et détiennent des armes. Nous opposerons la force irremplaçable de la majorité silencieuse. Que ceux qui pensent pouvoir continuer à régner par la peur et l’intimidation en s’imposant par les armes sachent qu’ils seront rattrapés par leur forfaiture. Ils sont condamnés d’avance par l’histoire et déjà vaincus car la voix du peuple est la voix de Dieu. Mes chers compatriotes, soyons convaincus que la Guinée ne perdra pas son combat pour la démocratie et les libertés. Que Dieu protège notre pays et éclaire le chemin de ceux qui luttent.

Vive la République ! Vive le peuple de Guinée libre et souverain »

Propos recueillis par Boubacar Diallo pour foutakameen.com

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