Centrale électrique de Garambé : visibilité mondiale, mais opacité sur les taxes, selon le président de la D-S

Centrale électrique de Garambé : visibilité mondiale, mais opacité sur les taxes, selon le président de la D-S

En immersion dans la commune rurale de Garambé, sous-préfecture située dans la périphérie du centre-ville de Labé, l’équipe de Foutakameen.com s’est entretenue avec Boubacar Diallo, président de la délégation spéciale. Il revient sur les défis actuels de la localité, notamment en matière d’infrastructures de base, d’éducation, d’accès à l’électricité et de perspectives pour la jeunesse.

Éducation : des écoles saturées et un besoin urgent d’extensions

Interrogé sur la situation éducative, le président de la délégation spéciale décrit un système en surchauffe :

« Tous les districts de Garambé disposent d’écoles publiques et privées. Les encadreurs et les parents d’élèves collaborent étroitement. Cette année, tous nos enseignants contractuels ont été engagés dans la fonction publique », explique-t-il.

Boubacar Diallo, président de la délégation spéciale de Garambé

Mais malgré ces avancées, les infrastructures restent insuffisantes. Dans le district de Labé-Dhépperé par exemple, trois bâtiments coexistent : l’un datant de l’époque coloniale, un second construit par l’ANAFIC et un troisième financé par la communauté.

« Malgré tout cela, on retrouve plus de 60 élèves par salle. À l’école primaire du Centre, nous dépassons les 800 élèves. Les enfants étudient en alternance », explique fait savoir le président de la délégation spéciale de la commune rurale de Garambé.

Face à cette surcharge, un projet de construction d’une nouvelle école à Missidé est intégré au plan de développement local (PDL). Objectif : réduire les risques liés aux déplacements quotidiens des élèves.

« L’an dernier, des enfants se sont noyés en tentant de rejoindre l’école du Centre. D’autres prennent des risques en traversant la route. Une école à Missidé permettra d’éviter ces drames », révèle Boubacar Diallo.

Le président annonce également que des efforts sont en cours pour améliorer le niveau du secondaire.

« Nous plaidons pour combler le manque d’enseignants. Au collège, nous rencontrons moins de difficultés grâce aux établissements privés. Ces trois dernières années, nous enregistrons des taux de réussite encourageants, loin des années où nous sortions sans aucun admis », indique le président.

Il assure même qu’un lycée sera ouvert à Garambé l’année prochaine.

Électricité : une centrale qui donne une visibilité large mais laisse des zones d’ombre

Abordant la question de l’énergie, Boubacar Diallo revient sur l’impact de la centrale électrique de Garambé, aujourd’hui largement médiatisé.

« Le premier avantage, c’est la notoriété. Lors d’une rencontre en France, j’ai dit que je viens de la Guinée, de Labé, précisément de Garambé où se trouve la centrale électrique. Tout le monde connaissait le projet. »

Au niveau local, l’impact est tangible :

Garambé Centre est désormais presque entièrement électrifié.

La Banque mondiale a réalisé des études pour étendre l’électricité à Seghen et Labé-Dhépperé.

Cependant, un point d’interrogation persiste :

« Normalement, l’implantation de la centrale doit générer une taxe locale. Vu les impacts, la commune devrait percevoir cet argent. Mais jusqu’à présent, nous ne savons pas qui doit nous verser ces fonds », s’interroge Boubacar Diallo.

Jeunesse et emploi : des espoirs portés par l’agriculture et Simandou

Sur la question de l’emploi des jeunes, le président reconnaît les limites financières actuelles mais reste optimiste.

« Le développement demande beaucoup de moyens. Avec le projet Simandou, les conditions de vie vont changer », espère-t-il.

En attendant, la commune mise sur l’agriculture :

« Nous avons des hectares disponibles à Seghen. Nous allons les aménager pour permettre aux agriculteurs de produire davantage. La majorité de nos habitants sont agriculteurs, éleveurs ou artisans. Quand les subventions arriveront, ils pourront pleinement en bénéficier », assure notre interlocuteur.

Femmes et jeunes : des initiatives organisées et soutenues

La délégation spéciale affirme accompagner les initiatives locales en structurant les mouvements de jeunes et de femmes.

« À Garambé, nous avons deux bureaux de jeunesse : l’un pour les femmes, l’autre pour les jeunes, filles et garçons. Dès notre arrivée à la tête de la commune, nous avons élaboré des statuts et des règlements intérieurs. Nous avons aussi aidé les groupements à obtenir leurs agréments », affirme ce responsable.

Certaines femmes se sont déjà tournées vers des activités génératrices de revenus :

« Aujourd’hui, nous avons des femmes capables de faire de la saponification », conclut-il.

Abdoul Karim Baldé, pour foutakameen.com

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