De la naissance à la tombe : le PN-RAVEC encadre désormais chaque étape de la vie des Guinéens

De la naissance à la tombe : le PN-RAVEC encadre désormais chaque étape de la vie des Guinéens

Pendant des années, en Guinée, naître, se marier ou mourir n’a pas toujours laissé de trace officielle. Derrière les chiffres, ce sont des milliers de vies administrativement invisibles. Face à cette réalité, le Programme National de Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (PN-RAVEC) accélère la cadence et déploie de nouveaux kits sécurisés annoncés gratuits pour tenter de refermer une faille structurelle du système.

Ce jeudi 19 février, au siège du programme, les responsables techniques et administratifs ont officiellement remis de nouveaux intrants aux coordinateurs régionaux et préfectoraux. L’opération s’inscrit dans la stratégie nationale visant à moderniser l’état civil et à garantir à chaque Guinéen une identité juridique, numérique et sécurisée.

Selon les responsables du PN-RAVEC, cette phase opérationnelle répond aux orientations du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Des contrats ont été conclus avec des imprimeurs nationaux afin de produire des documents conformes aux normes légales en vigueur.

Mohamed Camara, responsable suivi-évaluation du programme, insiste sur l’enjeu : il s’agit, selon lui, de renforcer les capacités des services d’état civil dans le cadre de la composante 2 du programme.

« L’objectif principal est d’harmoniser et de sécuriser les actes et imprimés d’état civil afin de crédibiliser les documents et de lutter contre la fraude documentaire », explique-t-il.

Le lot distribué comprend notamment :

des registres sécurisés de mariage ;

des imprimés d’état civil ;

des certificats d’état civil ;

des certificats de célibat et de non-divorce ;

des certificats de vie individuelle et collective ;

des carnets de déclaration de mariage ;

des certificats d’inhumation ;

des carnets de déclaration de naissance et de décès.

Le PN-RAVEC s’appuie sur deux piliers juridiques : la loi relative au Registre national de l’état civil et celle portant identification des personnes physiques. Chaque document produit est présenté comme conforme à ces textes.

Parmi les innovations mises en avant, le carnet de déclaration de mariage remplace progressivement les attestations religieuses pour établir officiellement le lien matrimonial. Autre changement notable : le certificat d’inhumation devient obligatoire avant toute mise en terre.

De son côté, le coordinateur national du programme, le général de 2ᵉ section Biro Condé, a insisté sur la portée nationale et même internationale du déploiement. Il assure que ces documents harmonisés seront disponibles gratuitement sur toute l’étendue du territoire.

Les kits doivent être acheminés dans les 375 communes du pays, mais aussi dans les centres d’état civil, les structures sanitaires, certains lieux de culte habilités ainsi que dans les missions diplomatiques et consulaires désormais assimilées à des centres principaux d’état civil.

Au-delà de l’annonce technique, le véritable test reste sur le terrain. Car moderniser les formulaires ne suffira pas si l’accès des citoyens surtout en zones rurales ne suit pas. Le chantier de l’état civil guinéen est lancé. Reste à voir s’il transformera durablement la promesse administrative en réalité vécue.

Houssainatou Bah pour foutakameen.com

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