De la prière de l’aube à 14 heures : le Ramadan éprouvant pour les femmes de Gadha-Woundou en quête d’eau potable

De la prière de l’aube à 14 heures : le Ramadan éprouvant pour les femmes de Gadha-Woundou en quête d’eau potable

Isolement, routes impraticables, accès difficile aux soins et à l’eau potable : la sous-préfecture de Gadha-Woundou, dans la préfecture de Koubia, fait face à une précarité multiforme qui pèse lourdement sur le quotidien de ses habitants. Comme dans de nombreuses localités rurales de la région de Labé, le marché hebdomadaire de la sous-préfecture de Gadha-Woundou se tient chaque samedi.

À cette occasion, l’équipe de Foutakameen.com est allée à la rencontre de plusieurs commerçants afin de mieux comprendre les réalités économiques locales. Parmi eux, Fatoumata Binta Diallo, commerçante, évoque les produits qu’elle vend et les raisons de la flambée des prix.

« Nous vendons du riz, du sucre, de l’huile et du poisson. Mais il faut rappeler que la vente du poisson est très risquée pour nous. Si les véhicules accusent un léger retard, le poisson pourrit et cela devient une perte au lieu d’un bénéfice. Nous ne pouvons même pas faire payer les chauffeurs à cause de l’état des routes. C’est pourquoi seuls les camions arrivent parfois jusqu’ici », explique-t-elle.

L’enclavement de la localité dû à la rivière de Woundouwol qui nécessite un vieux bac pour traverser, le manque d’accessibilité et la dégradation avancée des routes entraînent d’importantes pertes de marchandises, soulignent plusieurs commerçants rencontrés.

« En cours de route, si nous n’arrivons pas à trouver quelqu’un pour nous aider à pousser la moto lorsqu’elle tombe, la marchandise est détruite. Pendant la saison des pluies, nos sacs de riz peuvent être mouillés s’ils ne sont pas bien couverts. Cela devient une perte totale, car on ne peut même pas les consommer, encore moins les vendre », déplorent-ils.

Au-delà des difficultés économiques, les conditions de vie des habitants de Gadha-Woundou restent extrêmement précaires. Le manque d’eau potable et l’insuffisance de structures sanitaires adaptées constituent des problèmes majeurs.

De nombreuses femmes enceintes perdent la vie lors de l’accouchement, une situation largement attribuée à l’inaccessibilité de la localité et à l’impossibilité pour les ambulances d’intervenir rapidement.

Une habitante de la localité livre un témoignage poignant :

« Nous, les femmes de Gadha-Woundou, faisons face à de nombreux problèmes : l’accès à l’eau potable, le mauvais état des routes et l’absence de postes de santé adéquats. Dans le district de Gnoma, une femme sur le point d’accoucher a eu des complications. L’ambulance envoyée pour la secourir a été emportée par les eaux. Cela montre à quel point nous sommes vulnérables dès qu’une urgence sanitaire survient. Un autre cas similaire a été signalé dans un autre district, à Labé, et malheureusement cette femme n’a pas survécu.

Deuxième problème : l’eau potable. Nous sommes nombreux et il n’y a qu’un seul forage pour toute la localité. Pendant le mois de Ramadan, certaines femmes vont chercher de l’eau après la prière de Fadjr et y restent jusqu’à 14 heures.

Troisième problème : les animaux sauvages. Les singes détruisent nos champs de maïs, de riz, d’arachide et de fonio. Les hyènes tuent nos vaches presque chaque jour. Pourtant, nous n’osons pas les toucher, car nous risquons d’être arrêtés, alors que nous dépendons de nos vaches et de nos chèvres pour nourrir nos enfants », raconte Mariama Ciré Sow.

Face à cette situation alarmante, les habitants de la sous-préfecture de Gadha-Woundou relevant de la préfecture de Koubia lancent un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté afin d’améliorer leurs conditions de vie.

« Nous demandons aux autorités de nous aider à réaménager nos routes et à construire un pont au niveau du fleuve Woundouwol, afin de sauver la vie des femmes enceintes qui meurent de façon récurrente », plaident-ils.

L’éloignement de Gadha-Woundou des centres urbains accentue son isolement, limite les opportunités de développement et restreint les possibilités d’emploi en dehors de l’agriculture et de l’élevage. Malgré un potentiel agricole et naturel considérable, le manque d’investissements dans les infrastructures — routes, ponts et moyens de transport — continue de freiner l’accès aux marchés, aux soins de santé et à l’éducation.

Un enclavement qui, chaque jour, transforme la vie des habitants de Gadha-Woundou en de véritables obstacles.

Aissatou Maleya Diallo, pour foutakameen.com

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