De l’armée coloniale à l’armée nationale : le regard du doyen Sampiring sur les 67 ans de l’armée guinéenne

De l’armée coloniale à l’armée nationale : le regard du doyen Sampiring sur les 67 ans de l’armée guinéenne

Chaque 1er novembre, la Guinée célèbre la création de son armée nationale. À l’occasion du 67e anniversaire de cette institution, la rédaction de foutakameen.com a tendu la perche à Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo, ancien maire de la commune urbaine de Labé. Le doyen, témoin privilégié des débuts de l’armée guinéenne, a livré son regard sur son évolution et son rôle dans la défense du pays.

Revenant sur les origines, Elhadj Ibrahima Diallo rappelle que l’armée guinéenne a vu le jour peu après l’indépendance du pays, le 2 octobre 1958.

« Nous célébrons la 67e année de notre armée. Il est important de se souvenir de son origine. Avant l’indépendance, c’était l’armée française qui assurait la sécurité sur notre territoire. Le 1er novembre 1958, les soldats et gendarmes français ont quitté le pays, laissant un vide. C’est ainsi que le jeune État guinéen a aussitôt créé sa propre armée », explique l’ancien maire de la commune urbaine de Labé.

Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo, ancien maire de la commune urbaine de Labé, témoin de l’indépendance de la Guinée

Depuis sa création, cette armée n’a cessé d’évoluer. Selon le doyen Sampiring, chaque régime a contribué à son renforcement, aussi bien sur le plan matériel qu’institutionnel.

« Beaucoup de progrès ont été réalisés depuis. Chaque gouvernement a œuvré pour la performance et la modernisation de nos forces armées, notamment à travers la construction de casernes et la formation du personnel militaire. Aujourd’hui, notre armée est bien plus structurée et performante qu’à ses débuts », souligne le professeur de français à la retraite.

Pour lui, une armée forte est le pilier de toute nation souveraine.

« Pour qu’un État soit véritablement indépendant, il faut trois éléments : une constitution, une devise et une armée. Sans cette dernière, il n’y a pas de sécurité ni de stabilité. Si notre pays reste maître de ses ressources naturelles, c’est aussi parce que nous disposons d’une armée capable de défendre notre souveraineté », insiste-t-il.

Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo rappelle enfin que l’armée guinéenne ne s’est pas limitée à la défense du territoire national, mais a également participé à plusieurs missions sous-régionales et internationales.

« Depuis sa création, notre armée a défendu non seulement nos frontières, mais aussi d’autres pays africains sous domination étrangère. Elle a combattu aux côtés de peuples frères en Angola, en Guinée-Bissau et ailleurs. À chaque fois que la CEDEAO ou l’ONU sollicite de l’aide, la Guinée répond présente. C’est ce qui fait la fierté de notre armée : elle est parmi les meilleures », conclut-il.

Abdoul Karim Baldé et Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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