Dans la sous-préfecture de Diari, préfecture de Labé, les défis liés à l’éducation restent préoccupants. Lors de notre immersion sur le terrain, dans le cadre d’un reportage consacré au développement local, nous sommes allés à la rencontre des acteurs de la collectivité, notamment ceux du secteur éducatif. Ces derniers tirent la sonnette d’alarme face à plusieurs difficultés, parmi lesquelles le manque d’enseignants et la surcharge des salles de classe, compromettant ainsi le bon fonctionnement du système éducatif local. 

À l’école primaire de Diari Centre, la situation est particulièrement alarmante. Retraité depuis 2023, Thierno Malick Diallo a décidé de reprendre la craie pour venir en aide à sa communauté, confrontée à une insuffisance d’enseignants.
« Je suis professeur à la retraite depuis 2023. Après mon retour à Diari, j’ai constaté un déficit d’enseignants à l’école primaire. Étant passionné par l’enseignement, je ne pouvais pas rester sans agir. C’est pourquoi, depuis ma retraite, je suis revenu en classe pour combler ce vide. Mais le problème persiste. Cette année, l’école ne compte que quatre enseignants contractuels, rémunérés par la communauté », explique-t-il.
Malgré cet engagement salutaire, les conditions d’apprentissage restent difficiles. L’enseignant évoque notamment la surpeuplement des classes et l’insuffisance d’infrastructures scolaires.
« L’éducation se déroule tant bien que mal. Nous avons un cycle complet, de la première à la sixième année, avec certaines classes dédoublées. Cependant, un autre problème majeur est la pléthore d’élèves dans les salles de classe. Par exemple, ma classe de deuxième année compte plus de 70 élèves. Il est très difficile de gérer un effectif aussi élevé. Nous lançons donc un appel pour la construction de nouvelles salles afin de désengorger les classes. Il y a également des difficultés liées au paiement des enseignants contractuels », déplore Thierno Malick Diallo.
Face à ces défis, l’Association des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) tente d’apporter des solutions. Son président, Ibrahima Diallo, explique les efforts en cours pour améliorer les conditions d’apprentissage.
« Actuellement, nous sommes en train de construire deux salles de classe pour atténuer ce problème. Ces travaux sont réalisés grâce à l’appui des ressortissants de la localité, qui ne cessent de nous accompagner dans l’amélioration du système éducatif. Il est également prévu la construction d’un bureau pour la direction. Nous leur adressons nos sincères remerciements pour leur engagement constant », souligne-t-il.
Dans la même dynamique, le président de l’APEAE appelle les parents à s’impliquer davantage dans le suivi scolaire de leurs enfants.
« Nous demandons aux parents d’élèves de veiller davantage sur leurs enfants et de suivre leur parcours scolaire à la maison. C’est par l’éducation que ces enfants pourront demain contribuer au développement de notre communauté. Il est donc essentiel de ne pas négliger leur formation », exhorte Ibrahima Diallo.
Malgré les initiatives locales, les besoins restent énormes. Enseignants et responsables éducatifs lancent un appel pressant aux autorités et aux ressortissants pour un appui, notamment en matière de recrutement d’enseignants, de construction d’infrastructures scolaires et de réalisation d’un point d’eau au sein de l’école.
Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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