Tangaly, l’une des dix sous-préfectures de la préfecture de Tougué, dans la région administrative de Labé, fait face à de sérieux défis dans le domaine de l’éducation. Lors d’une immersion de l’équipe de foutakameen.com dans la localité pour évoquer le développement local, un accent particulier a été mis sur la situation scolaire. La sous-préfecture compte treize écoles primaires — dont une privée — et deux collèges. Le Délégué scolaire de l’enseignement élémentaire (DSEE) dénonce notamment un manque criant d’enseignants.
Ibrahima Sory Tangaly Baldé dresse un état des lieux préoccupant du système éducatif local.
« Je peux vous dire que l’éducation se porte relativement bien aussi bien au collège qu’au primaire, malgré quelques difficultés liées surtout au manque d’enseignants. C’est là que nous rencontrons le plus de problèmes. Nous avons treize établissements au primaire et deux au collège. Sur les douze établissements publics du primaire, ils ne sont pas tous en cycle normal », fait-il savoir.

Ibrahima Sory Tangaly Baldé, DSEE de Tangaly-Préfecture de Tougué
Avec un effectif de 1 952 élèves au primaire dans toute la sous-préfecture, l’insuffisance du personnel enseignant est particulièrement alarmante.
« Dans les douze établissements du primaire, qui comptent cinquante-neuf classes pédagogiques, nous n’avons que 20 enseignants titulaires payés par l’État, auxquels s’ajoutent seize contractuels, soit un total de trente-six enseignants. Pourtant, il en faudrait cinquante-neuf pour que chaque classe ait son maître. Si l’on retire les contractuels, il ne reste que 20 enseignants pour 59 classes. Vous voyez l’ampleur du problème », explique Ibrahima Sory Tangaly Baldé.
À ce déficit s’ajoute le mauvais état des infrastructures scolaires déjà existantes et le manque d’équipements.
« Nous n’avons que de vieilles écoles qui nécessitent toutes des rénovations. En plus, le manque de tables-bancs est très criant : dans certaines classes, quatre élèves partagent une même table. C’est pourquoi nous lançons un appel pour résoudre ces problèmes », indique le DSEE.
Comme dans de nombreuses zones rurales, la scolarisation reste un défi majeur à Tangaly.
« Certains parents ont pour seule préoccupation d’envoyer les enfants travailler au lieu de les envoyer à l’école. Cela constitue un obstacle pour nous. De plus, les enfants n’étudient pas à la maison, ce qui rend l’enseignement encore plus difficile pour les enseignants », déplore-t-il.
Face à la récente fusion du ministère de l’Enseignement technique avec celui de l’Enseignement pré-universitaire, le responsable local appelle à un soutien accru de l’État.
« Nous demandons aux autorités de soutenir l’éducation nationale. Actuellement, nous manquons de documentation pédagogique : les enseignants sont obligés d’écrire les leçons au tableau. Si les élèves n’ont pas de livres, ils ne peuvent pas réviser à la maison. C’est un grand souci pour nous. Nous exhortons donc les autorités à nous aider à combler ce manque », lance Ibrahima Sory Tangaly Baldé.
Enfin, le DSEE de Tangaly appelle également les ressortissants de la localité à se mobiliser pour soutenir l’éducation de leurs enfants, confrontés à de nombreuses difficultés.
Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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