Éducation en zone rurale : au cœur de Gadha-Woundou, une école qui tient bon malgré l’isolement

Éducation en zone rurale : au cœur de Gadha-Woundou, une école qui tient bon malgré l’isolement

À Gadha-Woundou, dans la préfecture de Koubia, l’école primaire du centre fonctionne dans des conditions précaires, entre bâtiments vétustes, pénurie de matériel pédagogique et difficultés d’accès pour les enseignants. Malgré ces obstacles, l’établissement affiche des résultats honorables et nourrit l’espoir d’un cycle complet, porté par l’engagement de son directeur et de l’équipe éducative. Sur place, nous avons rencontré M. Mamadou Ciré BARRY, directeur de l’école primaire du centre, avec qui nous avons échangé sur les réalités du terrain, les performances de l’établissement, ainsi que les nombreux défis auxquels il fait face.  Malgré un contexte difficile, les résultats scolaires enregistrés ces dernières années sont encourageants selon le directeur :

« J’ai présenté la 6ᵉ année deux fois : une fois avec 100 % d’admis à l’examen, et une deuxième fois avec 90 %. L’école évolue petit à petit. Cette année (2025, ndlr) nous avons recruté la première. Mais la première année n’a pas encore commencé faute de tables-bancs. Nous avons informé la Délégation spéciale pour relever ce défi, et elle s’en charge », explique le directeur.Des infrastructures insuffisantes pour un cycle complet

L’école primaire de Gadha-Woundou centre compte six salles de classe. Cependant, seules trois sont actuellement fonctionnelles. Les trois autres bâtiments, anciens et dégradés, sont devenus vétustes et donc inutilisables.

« Ce sont les trois bâtiments récemment construits qui fonctionnent, excepté la classe de première année. Normalement, le centre devrait avoir un cycle complet », explique M. BARRY, visiblement préoccupé par cette situation qui limite la capacité d’accueil de l’établissement.

Accès difficile, manque de matériel et conditions de travail éprouvantes

Les difficultés auxquelles l’école est confrontée sont multiples. Elles concernent notamment le manque de manuels scolaires à tous les niveaux, mais aussi l’isolement géographique de la commune.

« Beaucoup d’enseignants affectés ici peinent à rallier leur poste. Même pour se rendre à Koubia lors des séminaires, nos motos tombent souvent en panne avant d’arriver. Nous accusons parfois du retard à cause de l’état des routes », déplore le directeur.

Mamadou Ciré BARRY, directeur de l’école primaire de Gadha-Woundou centre

Sur le plan de l’hygiène, l’établissement dispose de latrines fonctionnelles, aussi bien pour les élèves que pour le personnel enseignant. Toutefois, l’accès à l’eau potable demeure un véritable casse-tête.

« Nous avions une pompe, mais elle est actuellement en panne », précise-t-il.

À cela s’ajoute la question de l’alimentation, qui reste une préoccupation quotidienne pour le personnel.

« Nous nous débrouillons avec nos maigres moyens pour subvenir à nos besoins », confie-t-il.

Des avancées notables grâce à l’appui des autorités

Malgré ces nombreuses contraintes, le directeur reconnaît les efforts consentis par les autorités éducatives et le gouvernement.

« Nous sommes vraiment considérés. Tout récemment, nous avons bénéficié de trois motos offertes par le gouvernement guinéen. Un logement digne de ce nom a également été construit pour le personnel enseignant. Les élèves viennent massivement, et il n’y a pas vraiment de décrochage scolaire », se réjouit-il.

Un appel à la solidarité pour améliorer les conditions d’apprentissage à Gadha-Woundou

Pour renforcer le fonctionnement de l’école et offrir un meilleur cadre d’apprentissage aux élèves, le directeur lance un appel pressant aux autorités compétentes, aux partenaires et aux personnes de bonne volonté :

« Nous avons besoin d’eau, de matériel pédagogique, notamment des livres, et surtout de tables-bancs. C’est indispensable pour le bon fonctionnement de l’école », lance l’enseignant.

Un plaidoyer qui met en lumière les réalités de l’enseignement en milieu rural et l’urgence d’un accompagnement durable pour garantir une éducation de qualité aux enfants de Gadha-Woundou.

Amadou Bella DIALLO, Aissatou Maleya DIALLO, Boubacar DIALLO, Abdrahmane Baldé, Abdoul Karim Baldé pour Fouta ka meen

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