Extraction de Toumba : le gouvernement promet la transparence après les incidents à la maison centrale

Extraction de Toumba : le gouvernement promet la transparence après les incidents à la maison centrale

Le gouvernement guinéen s’est exprimé sur les récents incidents survenus à la Maison centrale de Conakry, marqués notamment par des tirs et des mouvements de tension à l’intérieur de l’établissement pénitentiaire. À la suite de cet événement, Toumba Diakité a été exfiltré de la prison centrale de Conakry pour être envoyé à Coyah. Face à l’émoi suscité dans l’opinion, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a assuré qu’une communication « claire et transparente » interviendra après des enquêtes approfondies ordonnées par les autorités au plus haut niveau. 

Selon lui, les fouilles carcérales constituent une pratique courante dans les prisons, visant à prévenir la circulation d’objets interdits.

« Les fouilles dans les prisons sont des pratiques régulières (…) parce que des rumeurs de détention de produits prohibés, d’armes, aussi sont dans la prison », a-t-il expliqué, précisant que ces opérations sont périodiquement menées par l’administration pénitentiaire et le ministère de la Justice, parfois dans des conditions difficiles.

Le porte-parole a indiqué que le président Mamadi Doumbouya, a instruit le gouvernement de « faire toute la lumière » sur les événements. Le ministre de la Justice s’est, pour sa part, engagé à conduire des investigations « approfondies » afin de répondre à « la curiosité légitime des populations guinéennes », a fait savoir le porte-parole du gouvernement qui assure que « ce qui s’est passé fera l’objet d’une communication transparente », a insisté Ousmane Gaoual Diallo, précisant qu’il reviendra devant la presse après les conclusions de la Justice. Il a également souligné que les avocats des détenus concernés sont libres d’informer l’opinion sur la situation de leurs clients, conformément à leur rôle.

Le gouvernement reconnaît l’existence d’incidents sérieux à l’intérieur de la prison. « Oui, il y a eu des perturbations (…) des tirs qui ont été entendus », a admis le ministre porte-parole, tout en soulignant que les circonstances exactes restent à déterminer.

Parmi les zones d’ombre figurent l’origine des coups de feu et l’identité de leurs auteurs. « Est-ce que ce sont des agents qui ont tiré ? Est-ce que ce sont des détenus ? (…) Parce que c’est quand même une enceinte fermée », a-t-il relevé, annonçant que la Justice est déjà « à pied d’œuvre ».

Si des manquements sont établis, un procès pourrait être organisé « dans le respect des droits de chacun », aussi bien pour les prévenus que pour les victimes. Le gouvernement insiste sur la nécessité de faire respecter l’État de droit et de garantir la protection des citoyens.

Pour Ousmane Gaoual Diallo, la transparence dans ce dossier dépasse le seul cadre judiciaire. Elle constitue également, selon lui, un enjeu d’image internationale et de crédibilité institutionnelle. « Notre pays ne peut pas faire l’économie de la transparence (…) s’il veut retrouver l’honorabilité dans le concert des nations », a-t-il déclaré.

Le porte-parole a également lié cette exigence de clarté à la question des droits de l’homme et à l’attractivité économique de la Guinée. À ses yeux, le respect de la Justice et des libertés fondamentales est indispensable au moment où le pays attire d’importants investissements.

« Ce n’est pas au moment où les investissements importants sont orientés vers notre pays qu’on va tourner le dos à la Justice », a-t-il affirmé, soulignant que l’État doit assurer la « légitime protection » des citoyens.

Sans s’avancer sur un calendrier précis, le gouvernement estime que les conclusions pourraient être connues dans un délai relativement court. « Dans les prochaines semaines, nous devrions tous être au même niveau d’information », a conclu le ministre.

En attendant, les autorités appellent au calme et à la patience, assurant que toute la vérité sera établie sur ces événements qui ont ravivé les inquiétudes autour des conditions de détention et de sécurité au sein de la principale prison du pays.

Mamadou Aliou Diallo et Houssainatou Bah, pour foutakameen.com

COMMENTS