Face au manque d’équipements, le centre de santé de Tangaly à bout de souffle : « Pour tout le centre, il n’y a qu’un seul tensiomètre »

Face au manque d’équipements, le centre de santé de Tangaly à bout de souffle : « Pour tout le centre, il n’y a qu’un seul tensiomètre »

À Tangaly, une sous-préfecture relevant de la préfecture de Tougué, se soigner relève parfois d’un véritable parcours du combattant. Le centre de santé local, qui dessert plusieurs villages environnants, fonctionne dans des conditions particulièrement précaires, marquées par un manque criant de moyens matériels et humains.

En immersion dans cette localité, la rédaction de Foutakameen.com a rencontré le chef du centre de santé de Tangaly. Il dresse un tableau préoccupant des défis auxquels son équipe est confrontée au quotidien pour assurer la prise en charge des patients.

« Nous sommes confrontés à de nombreux manquements, notamment l’absence d’eau potable dans la salle d’accouchement, le manque d’une machine de réanimation pour les nouveau-nés, ainsi que l’insuffisance de personnel qualifié. Mes collaborateurs sont tous des bénévoles », a-t-il expliqué.

Antoine Kamano, Chef du centre de santé de Tangaly (Tougué)

Le responsable sanitaire évoque également les pathologies les plus fréquentes enregistrées dans la structure, en particulier en cette période.

« Pendant cette saison, les maladies les plus fréquentes sont celles liées aux infections respiratoires et aux douleurs dentaires. Nous ne disposons pas de tous les équipements nécessaires. Ceux que nous avons sont en mauvais état. D’ailleurs, pour tout le centre, il n’y a qu’un seul tensiomètre. Et dans la salle d’accouchement, il n’y a pas de dispositif de réanimation pour les nouveau-nés », a confié Antoine Kamano.

À ces difficultés s’ajoute un problème majeur : l’absence d’ambulance. En cas d’urgence, les patients sont souvent transportés à moto ou dans des véhicules privés vers d’autres structures sanitaires ou vers l’hôpital préfectoral de Tougué, au risque d’aggraver leur état.

« Lorsqu’une femme arrive en situation de complication, nous sommes obligés de la référer. Mais faute d’ambulance, nous devons recourir à des véhicules privés. Cela constitue un véritable problème, surtout quand il faut évacuer une patiente vers Tougué », a-t-il déploré.

Face à cette situation alarmante, le chef du centre lance un appel pressant aux autorités compétentes ainsi qu’aux ressortissants de la localité.

« Nous demandons aux autorités et aux fils et filles de Tangaly de nous aider, notamment pour l’acquisition d’une ambulance et la prise en charge de nos collaborateurs bénévoles », a-t-il conclu.

Aïssatou Maleya Diallo pour Foutakameen.com

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