Gadha-Woundou : à la tombée de la nuit, des enfants apprennent le Coran autour du feu, guidés par un maître aux moyens limités 

Gadha-Woundou : à la tombée de la nuit, des enfants apprennent le Coran autour du feu, guidés par un maître aux moyens limités 

À la tombée de la nuit, dans le village de Gadha-Woundou, situé à plusieurs dizaines de kilomètres de la préfecture de Koubia, une situation presque révolue attire l’attention. Assis à même le sol, des enfants tiennent leurs tablettes coraniques et récitent des versets du Coran autour d’un feu de bois dont les flammes éclairent faiblement l’espace. Dans ce foyer coranique traditionnel, l’apprentissage se poursuit malgré l’absence d’électricité, de nattes et d’infrastructures adaptées.

Ici, le maître coranique Thierno Mamadou Saliou Diallo transmet le savoir islamique avec les moyens du bord, porté par la foi et la volonté de former la jeune génération de son village.

Dans un entretien accordé à la rédaction de foutakameen.com, Thierno Mamadou Saliou Diallo, installé à Ley-Fello, dans la localité de Madina Gadha-Woundou, explique les circonstances dans lesquelles fonctionne son foyer coranique.

« Ici, j’enseigne le Coran, mais je ne le fais pas pour gagner quelque chose. Je le fais pour l’amour de Dieu. Je ne fais pas payer les parents des disciples et je suis le seul à enseigner le Coran dans cette localité », confie-t-il.

Faute d’électricité et d’infrastructures adéquates, les cours se déroulent la nuit. Les disciples se regroupent alors en plein air autour d’un feu de bois qui sert à la fois de source de lumière et de chaleur.

Assis à même le sol, les enfants tiennent leurs tablettes coraniques entre les mains et récitent les versets du Coran sous la lumière vacillante des flammes. Dans ce foyer coranique traditionnel, l’apprentissage se fait dans des conditions rudimentaires, mais la détermination des élèves et de leur maître reste intacte.

Selon Thierno Mamadou Saliou Diallo, l’absence d’équipements modernes constitue un frein important à l’apprentissage des enfants.

« Les torches ne tiennent pas longtemps. Nous ne pouvons pas étudier plus d’une heure. Mais avec des panneaux solaires, nous pourrions étudier de 19 heures à 21 h 30. Cela permettrait aux enfants de mieux maîtriser leurs leçons », affirme-t-il.

Le manque d’équipements de base se fait également sentir au niveau du matériel utilisé par les disciples.

« Nous n’avons même pas de nattes. Les enfants étalent des plastiques ou des cartons pour s’asseoir. Nous n’avons pas encore les moyens d’en acheter », ajoute le maître coranique.

Autre difficulté : l’absence d’infrastructures pouvant servir d’abri aux disciples, notamment pendant l’hivernage.

« J’ai construit une petite chambre pour le foyer coranique, surtout pour l’hivernage. Mais comme ma femme n’avait pas de chambre, nous avons été obligés d’y habiter. Aujourd’hui, c’est là-bas que nous passons la nuit », explique-t-il.

Malgré ces nombreuses difficultés, Thierno Mamadou Saliou Diallo reste déterminé à transmettre son savoir religieux aux enfants de la localité. Toutefois, il lance un appel aux personnes de bonne volonté afin d’améliorer les conditions d’apprentissage des disciples.

« Je demande à toutes les bonnes volontés de nous aider à construire au moins une chambre pouvant contenir les disciples. Nous avons aussi besoin de nattes et de panneaux solaires pour pouvoir étudier dans de meilleures conditions », plaide-t-il.

À Gadha-Woundou, ce foyer coranique traditionnel illustre le combat quotidien mené par certains maîtres religieux en milieu rural pour transmettre le savoir, malgré le manque criant de moyens.

Abdoul Karim Baldé pour foutakameen.com

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