Gadha-Woundou – Koubia : quand le seul collège de la sous-préfecture manque de tout, même de la craie

Gadha-Woundou – Koubia : quand le seul collège de la sous-préfecture manque de tout, même de la craie

En immersion dans la commune rurale de Gadha-Woundou, dans la préfecture de Koubia, la rédaction de Foutakameen.com a rencontré Abdoulaye Diallo, principal du seul collège de la sous-préfecture. Après deux longues années d’arrêt, l’établissement a rouvert ses portes cette année scolaire 2025-2026. Mais la reprise se fait dans des conditions extrêmement difficiles : pénurie d’enseignants, manque de tables-bancs et absence d’outils pédagogiques de base.Arrêté pendant deux ans, le collège de Gadha-Woundou tente aujourd’hui de renaître. Abdoulaye Diallo revient sur les raisons de cette fermeture prolongée et sur le fonctionnement actuel de l’établissement.

« Le taux d’admission au primaire était très faible, ce qui avait occasionné la fermeture du collège les années précédentes. Il y avait aussi le problème du faible niveau des élèves qui quittaient le primaire pour le collège. Cette année, nous avons pu rouvrir grâce à l’admission de 17 élèves issus du primaire. Pour le moment, seule la classe de 7ᵉ année est fonctionnelle », explique le principal.

Malgré l’existence de plusieurs écoles dans la commune rurale de Gadha-Woundou, l’éducation peine toujours à suivre son cours normal. Une situation préoccupante que déplore Abdoulaye Diallo.

« La sous-préfecture compte 14 écoles, mais plus de cinq établissements sont actuellement fermés par manque d’enseignants. Dans le district de Madina, un seul enseignant contractuel fait fonctionner toute l’école. C’est la même réalité à Ley-Seré. Et dans toute la sous-préfecture, Gadha-Woundou ne dispose que d’un seul collège », souligne-t-il.

Abdoulaye Diallo, principal du collège de Gadha-Woundou

Au collège, le déficit d’enseignants est criant et impacte directement la qualité de l’enseignement, malgré les efforts consentis par l’administration.

« Nous ne sommes que trois enseignants au collège. Deux sont pris en charge par l’État. Personnellement, j’enseigne le français ainsi que l’éducation civique et morale. L’un de mes collègues dispense les cours de mathématiques et de biologie, l’autre l’histoire et la géographie, mais il n’est pas fonctionnaire. Nous n’avons pas encore de professeurs de physique et de chimie, puisque l’école vient à peine d’être relancée. Cette année représente un grand défi : avec une seule classe de 7ᵉ année, il est difficile de faire venir un enseignant de loin pour seulement deux heures de cours. Je suis même contraint d’enseigner à la fois au primaire et au collège », confie le principal.Au-delà du manque d’enseignants, les outils pédagogiques font également défaut. Une réalité alarmante dans un établissement censé former l’élite de demain.

« Les difficultés sont nombreuses. L’éducation des enfants n’est pas suffisamment prise au sérieux par les autorités locales. Je ne blâme pas les parents d’élèves, car nous sommes en milieu rural et beaucoup ne mesurent pas encore l’importance de l’éducation. Mais les autorités, elles, en sont conscientes. Le manque de suivi est évident. Certaines salles de classe ne disposent que de deux livres, et même la craie est insuffisante pour écrire au tableau. Le DSEE et le DPE effectuent parfois des visites, et nous leur faisons part de toutes ces insuffisances », déplore Abdoulaye Diallo.

Face à ces difficultés, des initiatives locales sont mises en place pour relever le niveau des élèves. Le principal lance par ailleurs un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté.

« Pour améliorer la compréhension des élèves, nous organisons des cours de révision les soirs. Actuellement, seuls 14 élèves disposent de tables-bancs. Les autres salles en sont totalement dépourvues. Si ces élèves passent en 8ᵉ année l’an prochain, ceux qui viendront en 7ᵉ n’auront aucun mobilier scolaire. Nous demandons aux autorités, aux parents d’élèves et aux enseignants de conjuguer le même verbe : nous aider. Nous avons besoin de tables-bancs, d’enseignants et de moyens pédagogiques », lance-t-il.

Abdoul Karim Baldé pour foutakameen.com

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