Dans plusieurs localités de Guinée, les infrastructures de base, particulièrement celles routières restent un défi majeur pour le développement local. C’est le cas de la commune rurale de Gadha-Woundou située dans la préfecture de Koubia. Tenez-vous bien : à l’époque du 21ème siècle où le monde se tourne vers la modernité et le progrès, à Gadha-Woubdou, les habitants et même les engins qui les transportent de leur localité vers les autres, traversent avec un bac manuel. Il n’y a de pont sur la rivière woundouwol, ce qui rend la traversée indéniable difficle. Les habitants sont exposé aux aléas climatiques et sécuritaires surtout pendant la saison des pluies.
Malgré des efforts déployés par les autorités locales et les passeurs, les difficultés persistent, notamment en période de crue ou de défaillance technique. Ce contexte met en lumière les limites du dispositif actuel et la nécessité urgente d’investissements structurants, comme la construction d’un pont et l’équipement en matériels de sécurité.
Lors d’une immersion sur les lieux, la rédaction de Foutakameen.com a tendu son micro au passeur du bac, qui a évoqué les difficultés rencontrées au quotidien.
Sur place, Sadou Diallo, passeur, explique que faute de pont, les habitants dépendent d’un bac manuel vieillissant pour traverser la rivière. Ce moyen de transport est souvent paralysé par les crues et divers aléas techniques. Une situation qui complique fortement la mobilité, notamment pour les voyageurs venus de l’extérieur, et qui souligne l’urgence de trouver une solution durable.
« Le passage ici est parfois compliqué. Les causes de cette complication sont liées notamment au fait que la mer peut être en crue pendant plusieurs jours, parfois jusqu’à une semaine. Durant cette période, le bac ne peut pas fonctionner à cause de l’abondance de l’eau. Les personnes venant du pays voisin, lorsqu’elles arrivent et trouvent qu’il est impossible de traverser, sont obligées d’attendre plusieurs jours, car elles ne peuvent pas repartir. En plus de cela, le bac n’est pas motorisé : il fonctionne manuellement grâce à un système de poulies. Il arrive que ces poulies se tendent trop sous la pression de l’eau, ce qui peut faire lâcher le bac. Par exemple, l’année dernière, il a lâché et s’est échappé ; le récupérer a été un véritable problème. Cela a duré plus d’un mois, et c’est une délégation venue de Conakry qui a dû intervenir pour nous aider. Imaginez les difficultés rencontrées pendant tout ce temps. Même aujourd’hui, un câble s’est coincé depuis ce matin. Pour le libérer, il faut qu’une personne plonge et nage jusqu’à l’endroit bloqué. C’est ici que tout se passe : les voitures, les motos, tout transite par ce bac, qui, en plus, est devenu très vieux. Il a trop duré. On est là, mais ce n’est vraiment pas facile. Les difficultés sont énormes », raconte le passeur.
À Gadha Woundou, la traversée en bac dépend du niveau de l’eau, surveillé grâce à un repère. En cas de crue, le passage est suspendu par mesure de sécurité. Le service fonctionne jusqu’à minuit, sauf en cas d’urgence et est assuré par huit passeurs qui se relaient.
« Pour savoir s’il est possible de traverser ou non, nous avons un repère que nous consultons. Si, en regardant, nous constatons que le niveau de l’eau est au point rouge, alors nous ne faisons pas bouger le bac et nous ne prenons aucun risque. Chaque fois que le bac lâche, il se trouve heureusement que personne ne s’y trouve à ce moment-là car, nous ne prenons aucun risque. Le passage est autorisé jusqu’à minuit, sauf en cas exceptionnel, comme une ambulance ou une urgence particulière. Au-delà de minuit, il n’y a plus de traversée. Nous, les passeurs, sommes au nombre de huit et nous assurons les tours de passage chacun à son tour », a-t-il expliqué.
L’accès au bac est soumis à un paiement modeste, compris entre 5 000 et 10 000 GNF. Bien que le tarif reste accessible, seules certaines catégories de personnes, telles que les autorités ou les enseignants, bénéficient d’une exonération.
« Le passage est payant, mais le coût reste raisonnable, variant entre 5 000 et 10 000 GNF. Seules certaines catégories, comme les autorités ou les enseignants, peuvent être exemptées. En dehors de ces cas, chaque personne est tenue de payer », a fait savoir Sadou Diallo, l’un des passeurs du bac de Gadha-Woundou.
Face aux nombreuses difficultés rencontrées, les passeurs appellent à l’aide des autorités pour améliorer les conditions de traversée, en réclamant la construction d’un pont et des équipements de sécurité en attendant une solution durable.
« Ce que nous demandons aux autorités, c’est de nous aider à obtenir un pont pour faciliter la traversée. En attendant, nous sollicitons également leur appui pour acquérir des gilets de sauvetage et des moteurs afin d’assurer un meilleur fonctionnement du bac et garantir la sécurité des usagers », plaide notre interlocuteur.
Mamadou Dian Diallo et Boubacar Diallo pour foutakameen.com

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