La Guinée-Bissau, pays ouest-africain long de 36 125 km², avec une population de plus de 2 millions d’habitants, a été déclarée pays indépendant le 24 septembre 1974. Depuis cette date, cette ancienne colonie portugaise a connu une instabilité politique remarquable. Jusqu’à présent, aucun président de la Guinée-Bissau n’a réussi à accomplir deux mandats consécutifs sans interruption par des crises politiques ou des coups d’État. Cette situation reflète l’instabilité politique chronique que traverse le pays, où des interruptions brutales du pouvoir exécutif ont souvent entravé la continuité gouvernementale.
Historique des coups d’État dans le pays
Depuis 1974, date d’indépendance du pays, il a connu quatre coups d’État jusqu’à ce mercredi 26 novembre 2025, où il a enregistré son cinquième coup d’État et plusieurs autres tentatives de coups non réussies. Il faut juste rappeler que le premier coup d’État a été perpétré en 1980 par João Bernardo Vieira contre le premier président du pays, Luís Cabral. S’en est suivi celui de 1999 destituant Bernardo Vieira, puis celui de 2003 contre Kumba Ialá, président à ce moment, et en 2012 un coup d’État dirigé par l’armée a renversé le président intérimaire quelques semaines avant une élection présidentielle. Et celui du 26 novembre 2025, qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló après un scrutin présidentiel passé le 23 novembre 2025, alors que la population attendait les résultats dans les heures à venir, avant que cet énième coup des forces militaires ne vienne changer la donne. Ces putschs ont entraîné impérativement un bouleversement des institutions de la République et plongé ce petit pays dans l’incertitude. Et ils ont détérioré les relations publiques du pays avec les institutions sous-régionales et continentales, comme la CEDEAO et l’UA, qui condamnent tous le dernier coup et demandent le rétablissement des institutions de la République.
Le coup d’État du 26 novembre 2025 : ce qu’on en sait
Alors que le pays attendait les résultats de l’élection présidentielle organisée le 23 novembre, dans la matinée de ce mercredi, des tirs ont retenti dans la capitale Bissau et aux alentours du palais présidentiel. Quelques instants après, selon des médias internationaux, le président Embaló a co fille au média Jeuneafrique son arrestation par des militaires. Quelques heures plus tard, Denis N’Canha, général de brigade, chef de la résidence militaire presidentielle, apparaît à la télévision et prend la parole pour déclarer la prise du pouvoir par l’armée, la dissolution des institutions de la République et la suspension du processus électoral en cours dans le pays. Ils justifient putsch par une instabilité politique et l’émergence des narcotrafiquants. Si le jour de la dernière élection le président Embaló se réjouissait à être le premier président à accéder à son second mandat, oubliant que la tradition pouvait se suivre et que l’histoire pourrait se répéter, ce qui n’a pas tardé à se produire dans la matinée du 26 décembre 2025.
Enjeux régionaux et continentaux
Il faut juste rappeler que la Guinée-Bissau rejoint la longue liste des coups d’État qui se sont produits ces dernières années dans plusieurs pays ouest-africains. Dans un intervalle de cinq ans, l’Afrique de l’Ouest a connu sept coup de forces : le Mali (2020 et 2021), la Guinée (2021), le Burkina Faso (janvier et septembre 2022), le Niger (2023) et la Guinée-Bissau (2025). Cette situation suscite des interrogations sur la place de la démocratie et de l’alternance politique dans la sous-région ainsi que le rôle des institutions sous-régionales et régionales (CEDEA, UA), dans la préservation du processus démocratique amorcé et l’application des statuts qui régissent le respect des ordre constitutionnels dans les pays membres.
Pour clore, il faut noter que sur les quinze pays qui composent l’Afrique de l’Ouest, cinq sont désormais dirigés par des militaires, ce qui prouve l’ingérence des corps armés dans la vie politique des nations.
Analyse : Abdourahmane Baldé, pour foutakameen.com

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