À quelques jours de la fin de l’année 2025, la rédaction de Foutakameen.com s’est penchée sur la vie sociale et les changements observés dans la ville de Labé, notamment dans les quartiers de la commune urbaine. À ce titre, notre attention s’est particulièrement portée sur les problèmes majeurs qui ont marqué l’année, à savoir l’insécurité et les incendies.
En juin 2025, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a procédé au lancement officiel de la délivrance des passeports biométriques à Labé. Cette cérémonie a mobilisé plusieurs cadres locaux et a été largement saluée par les citoyens de la ville. À cela s’est ajouté, au mois d’août dernier, le découpage de certains secteurs en quartiers, décidé par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Parmi les nouveaux quartiers figurent le secteur Domby, auparavant rattaché au quartier Daka 1, le secteur Horé-Hollande, issu du quartier Companya, ainsi que le secteur N’Diolou, anciennement rattaché au quartier Pounthioun, tous situés dans la commune urbaine de Labé.
Dans l’un de ces nouveaux quartiers, la nomination du chef de quartier ne s’est pas faite sans difficulté. En effet, certains habitants avaient exprimé leur désaccord, donnant lieu à des tensions au sein de la communauté. Ce n’est qu’après plusieurs jours d’échanges et de discussions que la situation a finalement été apaisée et un consensus trouvé. Dans cette dynamique, la rédaction a pu s’entretenir avec les nouveaux présidents des conseils de ces quartiers nouvellement créés. Au cours de ces échanges, ils sont revenus sur leurs besoins prioritaires pour le développement de leurs zones respectives.
Sur le plan sécuritaire, notamment en ce qui concerne les incendies, la principale doléance demeure l’acquisition d’un camion de sapeurs-pompiers pour la ville de Labé. En effet, plusieurs incendies ont été enregistrés au cours de l’année 2025 dans la commune urbaine, mettant en évidence l’urgence de doter la ville d’un tel équipement.
Mamadou Aliou Diallo, citoyen rencontré par notre rédaction, déplore cette situation qu’il qualifie d’alarmante et qui, selon lui, renforce le sentiment d’insécurité au sein de la population.
« C’est une difficulté qui touche toute la région de Labé. Nous nous trouvons dans une situation délicate, car c’est toute une ville qui se retrouve sans moyens efficaces pour faire face aux urgences. En cas d’incendie, c’est la population elle-même qui s’entraide pour tenter de maîtriser les flammes », a-t-il déclaré.
Le 23 novembre dernier, un lieu de loisir a été ravagé par un incendie. Malgré les efforts déployés par la population pour circonscrire le feu, le site a été entièrement détruit. Ce drame s’explique en grande partie par l’absence de véhicule de sapeurs-pompiers dans la ville.
« C’est le lieu où se tiennent les mariages qui a pris feu. Nous étions venus allumer le moteur afin de faire monter l’eau du forage. C’est probablement de là qu’est parti le court-circuit. À vrai dire, dans le jardin, rien n’a pu être sauvé », a expliqué avec regret Thierno Moussa, le gérant du site.
Lors du lancement de la production des passeports biométriques à Labé, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le général Bachir Diallo avait promis de doter la ville d’un camion d’incendie, suite aux doléances formulées par le président de la délégation spéciale, Thierno Ibrahima Diallo. Ce qui avait suscité une lueur d’espoir chez les populations. Mais, cela s’est limité qu’à la promesse car jusqu’à présent aucun acte concret n’a été posé dans ce sens.
S’agissant de la sécurité des personnes et de leurs biens en 2025, il convient de rappeler qu’au mois d’août dernier, dans le district de Garki, situé dans la sous-préfecture de Popodara, deux boutiques d’alimentation ont été vandalisées. Selon les témoignages des deux commerçants victimes, environ 40 millions de francs guinéens auraient été emportés par les malfaiteurs. Dans ce même district, un autre fait marquant reste gravé dans les mémoires : un cas de viol commis par des jeunes sur une jeune fille. L’affaire avait été portée devant le tribunal de première instance de Labé.
L’année 2025 a également été marquée par un important délestage du courant électrique, plongeant toute la ville de Labé dans l’obscurité pendant trois jours consécutifs.
L’ensemble de ces faits met en lumière les défis persistants en matière de sécurité dans certaines localités de la région. Qu’il s’agisse de vols, d’incendies, d’agressions ou encore de difficultés liées à l’accès à l’électricité, à l’eau potable, ces situations rappellent l’urgence de renforcer les dispositifs de protection des citoyens et de leurs biens. Les autorités locales et nationales sont ainsi interpellées afin d’apporter des réponses concrètes et durables, dans le but de garantir un environnement plus sûr et plus serein pour l’ensemble de la population.
Abdoul Karim Baldé et Mamadou Dian Diallo pour Foutakameen.com

COMMENTS