À l’occasion de la Journée mondiale de l’éducation, célébrée ce samedi 24 janvier 2026, le Syndicat national de l’éducation (SNE) a livré un discours alarmant sur l’état du système éducatif, aussi bien à l’échelle mondiale qu’en Guinée. Le secrétaire général du syndicat a dénoncé les profondes inégalités persistantes dans l’accès à une éducation de qualité, malgré les avancées technologiques au 21ème siècle.
Dans sa déclaration, le SNE souligne le contraste entre « l’intelligence artificielle qui redéfinit les frontières du savoir » et une réalité marquée par des salles de classe vides et un manque criant d’enseignants. Citant des données de l’UNESCO, le syndicat rappelle que « 251 millions d’enfants sont non scolarisés » dans le monde et que « 35 % des écoles n’ont toujours pas de connexion internet stable en 2026 ».
Pour le SNE, toute ambition de réforme restera vaine tant que la profession enseignante continuera d’être négligée.
« L’élève ne doit plus être un spectateur mais un architecte de son avenir », affirme le syndicaliste, avant de prévenir : « Nous ne pouvons pas innover dans la précarité. »
Il insiste sur le fait que « l’éducation n’est pas un coût, c’est l’unique engagement qui ne connaît pas la faillite ».
Sur le plan national, le SNE s’alarme de la dégradation de l’école publique guinéenne, qu’il attribue notamment à la « commercialisation à outrance de l’éducation », considérée comme « l’arrêt de mort de l’école publique abandonnée à son triste sort ». Le syndicat pointe la faiblesse de la qualité des enseignements, les effectifs pléthoriques et le déficit d’infrastructures pédagogiques comme causes majeures des contre-performances scolaires.
Le discours critique également la politique de recrutement d’enseignants étrangers dans l’enseignement supérieur, jugée inefficace face aux problèmes structurels du système.
« Même si on recrute des experts en provenance des universités d’Oxford, de Harvard ou de la Sorbonne, tant que nos apprenants ne maîtriseront pas les compétences instrumentales de base, nos universités continueront à produire des diplômés sans qualifications réelles », avertit le SNE, plaidant pour un investissement prioritaire dans l’enseignement de base.
Enfin, dans un contexte politique marqué par la démission du gouvernement, le syndicat espère une collaboration sincère avec les futures autorités éducatives. Il appelle notamment à « un débat national sur la question enseignante » et à des réformes structurelles visant à refonder durablement le système éducatif guinéen.
Mamadou Aliou Diallo et Houssainatou Bah pour foutakameen.com

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