La DGE tranche : « il n’y aura plus de recensement électoral en Guinée »

La DGE tranche : « il n’y aura plus de recensement électoral en Guinée »

La Directrice générale des élections (DGE) a animé vendredi à Conakry, une conférence de presse consacrée à l’organisation du scrutin du 28 décembre et aux principales innovations introduites par le Code électoral. Devant les médias, elle a fait le point sur les préparatifs, la logistique, l’inclusivité du processus et les garanties mises en place pour une gestion transparente des résultats.

Sur le plan organisationnel, la DGE a annoncé l’achèvement des formations des acteurs électoraux, menées en collaboration avec le ministère de l’Administration du territoire et le Secrétariat général du gouvernement.

« Ils ont commencé hier la formation des membres des CACV et des commissions administratives de réception des votes. Aujourd’hui, ces formations sont pratiquement terminées et les équipes sont déjà sur les questions logistiques dans tous les chefs-lieux de région », a-t-elle indiqué.

Au total, 2 449 membres des Commissions administratives de centralisation des votes (CACV) et des commissions de réception ont été mobilisés. Une innovation majeure, selon la DGE, introduite par le Code électoral.

 « Il n’y avait pas, dans la loi sur le référendum, les commissions de réception et de transmission des procès-verbaux. Avec le Code électoral, il y a désormais une commission placée sous l’autorité d’un magistrat », a-t-elle expliqué.

Cette réforme vise à prévenir les incidents fréquemment observés lors des précédents scrutins.

« Cela évite la déperdition des procès-verbaux et la longue attente, parce que quand il y a trop de monde, cela crée des troubles et les procès-verbaux se retrouvent parfois jetés ou déchirés », a souligné la DGE, précisant que le nombre de membres des CACV a été renforcé dans les zones à forte concentration de bureaux de vote.

La Directrice générale des élections a également mis en avant les efforts déployés en matière d’inclusivité et de sensibilisation.

« Nous avons signé 15 conventions avec des organisations de la société civile pour informer, sensibiliser et mobiliser les citoyens autour du scrutin du 28 décembre dans un climat apaisé », a-t-elle déclaré.

À cela s’ajoutent des partenariats avec les médias et d’autres acteurs sociaux.

« Nous avons signé sept conventions avec des organisations de médias, une convention avec la Fédération nationale des comédiens et humoristes de Guinée, ainsi qu’avec la Fédération guinéenne des personnes handicapées pour expliquer leurs droits et les modalités de vote », a-t-elle précisé.

Côté presse, la DGE affirme avoir formé 100 journalistes, dont 50 animateurs en langues nationales, sur le cadre normatif des élections.

Concernant l’observation électorale, la DGE a mis en place une plateforme d’accréditation.

 « Nous avons reçu 6 040 demandes d’accréditation et 5 258 ont été approuvées », a annoncé la responsable.

S’agissant des commissions de centralisation, elle a rappelé que les assesseurs ont été désignés par tirage au sort.

« Le tirage s’est fait centre par centre, avec deux assesseurs et un suppléant, au cas où il y aurait une absence ou un problème de santé », a-t-elle expliqué.

Sur la publication des résultats, un point particulièrement attendu, la DGE a tenu à lever toute ambiguïté.

« Nous allons organiser la soirée électorale. Les résultats seront proclamés partiellement, conformément au Code électoral, jusqu’à la proclamation des résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle », a-t-elle affirmé.

Elle a insisté sur le respect des délais légaux.

« Nous allons travailler à respecter les 48 heures pour la proclamation des résultats provisoires », a-t-elle assuré, tout en précisant que la DGE a investi dans des outils durables pour accélérer la transmission des données.

Une fois les résultats provisoires proclamés, ceux-ci seront transmis à la juridiction compétente.

« Le contentieux relève exclusivement de la Cour suprême. Ce n’est pas la DGE », a-t-elle rappelé.

Enfin, la DGE a évoqué les réformes structurelles engagées pour les prochaines échéances.

« Il n’y aura plus de recensement électoral en Guinée. Tout passera désormais par l’état civil pour la révision du fichier électoral », a-t-elle annoncé, ajoutant que les équipements acquis seront transférés aux services de l’état civil dès 2026.

Elle a également salué la construction de neuf magasins régionaux pour le stockage du matériel électoral, une mesure qui permettra de réduire considérablement les coûts des élections futures.

Pour conclure, la Directrice générale des élections a rendu hommage aux médias.

« Ce climat apaisé, nous le devons aussi aux hommes de médias. Quand il y a des rumeurs ou des fake news, ils viennent à la source pour comprendre et expliquer », a-t-elle souligné, avant de remercier l’ensemble des acteurs engagés dans le processus électoral.

Mamadou Aliou Diallo et Houssainatou Bah, pour foutakameen.com

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