Depuis plusieurs mois, une pénurie de liquidités persiste en Guinée. À Labé, agents Orange Money, commerçants et simples usagers dénoncent les difficultés croissantes pour obtenir de l’argent en espèces. La rédaction de Foutakameen.com s’est intéressée à cette crise qui perdure et perturbe fortement les activités économiques, surtout pendant ce mois de Ramadan, où les achats des denrées nécessaires au jeûnes s’intensifient.
Mamadou Diouldé Baldé, agent Orange Money, se dit très inquiet :
« Actuellement, obtenir de l’argent en espèces via Orange Money est un véritable casse-tête. Avant, on pouvait mobiliser 5 à 10 millions GNF par jour. Aujourd’hui, même 100 000 GNF, c’est difficile. Cette situation ralentit nos activités et décourage les clients de venir chez nous. Nous demandons à l’État de trouver une solution », déplore cet agent.
De son côté, Ousmane Tanou Diallo, également agent Orange Money, attribue cette crise au manque de billets de banque.
« Nous recevons des clients, mais nous rencontrons d’énormes difficultés pour les dépôts et retraits. Lorsque nous nous tournons vers nos partenaires, ils disent ne pas avoir d’espèces, ou alors uniquement des billets de 2 000 GNF très usés, que nous ne pouvons pas remettre aux clients », explique de son côté ce point de vente.
Au-delà des agents, commerçants et travailleurs subissent aussi les conséquences. Mamadou Cellou Diallo, commerçant, témoigne :
« Parfois, les clients paient par Orange Money faute d’espèces. L’argent s’accumule sur le compte, mais lorsque nous devons acheter des marchandises, cela devient compliqué. Nous sommes obligés d’attendre longtemps pour effectuer un retrait. Nous perdons même des clients, surtout à l’approche du Ramadan », fait savoir ce client.
Même son de cloche chez les ouvriers. Souleymane Diallo raconte ses difficultés :
« Je suis ouvrier et la plupart de nos patrons paient par Orange Money. Il nous arrive de rater des chantiers faute de pouvoir retirer notre argent. Aujourd’hui, j’ai cherché à retirer 500 000 GNF sans succès. Il faut parfois faire trois ou quatre kiosques pour réunir la somme. C’est un gros problème, surtout à l’approche du Ramadan. Nous demandons l’intervention de l’État. »
Cette crise de liquidités, qui dure depuis plusieurs mois, continue ainsi d’asphyxier les activités économiques locales. Quelles en sont les causes profondes et quelles solutions pour en sortir ? Pour l’instant, ces questions restent sans réponse.
Abdoul Karim Baldé, pour Foutakameen.com

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