Ce jeudi 30 octobre 2025, les établissements scolaires publics et privés de la commune urbaine de Labé ont connu une journée sans cours. Sous la directive des autorités scolaires locales, les enseignants et élèves ont été invités à suspendre les activités pédagogiques afin de participer la tenue d’une marche de soutien aux autorités de la Transition et de demander la candidature du président de la Transition à la présidentielle prévue le 28 décembre 2025.
Pour constater l’application de cette mesure, notre rédaction a sillonné plusieurs écoles de la ville. Le constat est sans équivoque : toutes les classes sont restées fermées.
À 9 h 30, lorsque nous sommes arrivés au Collège Konkola, la cour était totalement déserte. Les salles de classe et les bureaux étaient clos, aucun enseignant ni élève en tenue n’était présent. Seuls deux jeunes, assis dans la cour, jouaient sur leurs téléphones. Interrogés, ils ont confirmé être des élèves de l’établissement. « On nous a dit de ne pas venir aujourd’hui, qu’il y a un évènement au stade », ont-ils expliqué.
Même ambiance au lycée Wouro. À l’entrée, deux gendarmes étaient visibles, assis à l’ombre derrière la cour. À l’intérieur, les salles de classe et les bureaux étaient également fermés. Aucun élève, aucun professeur sur les lieux. Dans l’établissement voisin, le collège Thyndel, la situation était identique : portes closes et cour vide.
Aux environs de 9 h 50, notre équipe s’est rendue à l’école primaire Bowloko 1 et 2. Là aussi, silence total : classes et bureaux fermés, enseignants et élèves absents. Le mot d’ordre semblait scrupuleusement suivi.
Au complexe scolaire Hoggo M’Bouré, qui regroupe un primaire, un collège et un lycée, quelques élèves étaient visibles dans la cour. Mais là encore, les directions étaient fermées et aucune salle de classe n’était ouverte. Seuls quelques élèves du lycée étaient venus pour réviser.
« On nous a dit qu’il n’y a pas cours aujourd’hui, mais comme nous sommes candidats aux examens, on est venus réviser un peu », explique un élève de terminale.
Il regrette toutefois ces interruptions répétées :
« Depuis le début de l’année, on a déjà manqué deux journées de cours pour des raisons similaires. Pendant ce temps, les autres élèves du pays continuent normalement leurs programmes. C’est décourageant », déplore-t-il, préférant garder l’anonymat.
De manière générale, la journée a été marquée par une paralysie totale du système éducatif à Labé. Même les écoles privées n’ont pas échappé à cette suspension d’activités. Dans tous les établissements visités, le constat était le même : pas de cours, pas d’enseignants, pas d’élèves en activité.
Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que les établissements scolaires de Labé sont fermés pour des raisons liées à des évènements politiques ou administratifs. Ces interruptions répétées suscitent de plus en plus d’inquiétudes chez les parents d’élèves, qui redoutent un impact négatif sur le niveau scolaire des enfants à l’approche des examens nationaux.
Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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