Labé : la fusion du pré-universitaire et de l’enseignement technique divise les enseignants

Labé : la fusion du pré-universitaire et de l’enseignement technique divise les enseignants

Les réactions ne se sont pas fait attendre à Labé, au lendemain de l’annonce de la nouvelle architecture gouvernementale. Dans un décret lu à la télévision nationale dans la soirée du lundi 26 janvier 2026, le président de la République a dévoilé la structure du nouveau gouvernement, toujours dirigé par le Premier ministre Amadou Oury Bah, reconduit à la tête de la primature.

Cette équipe gouvernementale, composée de 27 ministères et de deux secrétariats se caractérise par plusieurs réaménagements : certains départements ont été fusionnés, tandis que d’autres ont été créés. Parmi les changements majeurs figure la fusion du ministère de l’Enseignement pré-universitaire avec celui de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.

Une décision qui suscite des réactions contrastées au sein du corps enseignant du pré-universitaire, notamment à Labé, où nous avons recueilli plusieurs avis.

Interrogé par notre rédaction, Souleymane Pounthioun Diallo, enseignant, se dit favorable à cette réforme.

« Je trouve que c’est une bonne chose, parce que ce sont deux départements complémentaires. Les élèves qui se retrouvent dans l’enseignement technique viennent du pré-universitaire. Fusionner les deux ne peut donc être que bénéfique. Cela permettra de résoudre plusieurs problèmes. On dénonce souvent le faible niveau de certains élèves dans des filières techniques comme la santé. Avec cette nouvelle structure, on pourra mieux orienter et encadrer ceux qui ont le niveau requis, afin d’améliorer la qualité de l’enseignement technique », explique-t-il.

À l’inverse, Mamadou Lamarana Songoly Baldé émet des réserves sur cette réforme. Selon lui, la fusion pourrait engendrer des difficultés administratives et organisationnelles.

« Cette fusion peut entraîner des conflits de compétences. Il faudra impérativement revoir le fonctionnement juridique de ce nouveau département. Je pense aussi qu’il y aura un problème au niveau du suivi et de l’évaluation du personnel. L’enseignement pré-universitaire compte déjà un nombre très élevé d’enseignants. Avec l’ajout de l’enseignement technique, le suivi deviendra encore plus complexe », estime-t-il.

Poursuivant son analyse, il affirme que, s’il fallait fusionner certains ministères du secteur éducatif, son choix aurait été différent.

« À mon avis, s’il était nécessaire de regrouper des ministères de l’enseignement, il aurait été plus logique de coupler l’Enseignement supérieur avec l’Enseignement technique. Ces deux départements ont des débouchés similaires, orientés vers le marché de l’emploi. Mais j’imagine que les autorités ont réfléchi à tous ces facteurs avant de prendre leur décision », ajoute-t-il.

De son côté, Souleymane Pounthioun Diallo exhorte les futurs responsables du département à accorder une attention particulière aux contenus pédagogiques.

« Pour que cette fusion soit bénéfique, il faudra veiller aux programmes enseignés dans les établissements. Il est important d’introduire des contenus adaptés aux réalités actuelles et aux besoins des nations. Je suis sûr que cela contribuera à améliorer notre système éducatif », plaide-t-il.

Malgré leurs divergences d’analyse, ces deux enseignants lancent un appel commun au président de la République : doter le futur ministère fusionné de moyens humains, matériels et financiers suffisants afin de lui permettre de mener efficacement sa mission.

Abdourahmane Baldé pour foutakameen.com

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