Labé : WAFRICA achève dix mois d’action contre les violences faites aux jeunes filles en milieu scolaire

Labé : WAFRICA achève dix mois d’action contre les violences faites aux jeunes filles en milieu scolaire

Dix mois après son lancement à la bibliothèque communale de Labé, le projet « Briser les barrières de genre pour lutter contre les VBG en milieu scolaire », porté par l’ONG WAFRICA Guinée, a connu sa cérémonie officielle de clôture ce jeudi 20 novembre 2025, à Labé. La cérémonie s’est tenue en présence des autorités locales, des partenaires éducatifs, des représentants du gouvernorat et de la préfecture, ainsi que de plusieurs élèves bénéficiaires venus témoigner de l’impact du programme.

Déployé dans dix établissements scolaires de Labé, le projet visait à combattre les violences basées sur le genre (VBG) en milieu scolaire : viol, harcèlement, stigmatisation, violences verbales, mariages précoces et forcés, ainsi que les multiples pratiques conduisant à la déscolarisation des jeunes filles.

Un projet exécuté conformément aux engagements du lancement

Lors de son intervention, la coordinatrice régionale de WAFRICA à Labé a dressé un bilan satisfaisant, rappelant que les stratégies annoncées lors du lancement ont été pleinement mises en œuvre.

« Toutes les actions prévues ont été exécutées dans les meilleures conditions. Nous remercions les autorités locales, les partenaires techniques et financiers, et le bureau national de WAFRICA pour leur accompagnement constant. Nous avons mené des causeries éducatives dans les dix écoles retenues, organisé des dialogues communautaires dans les quartiers, conduit des campagnes de sensibilisation sur les VBG et mis en place des structures de veille composées d’élèves, d’enseignants et de responsables scolaires », a expliqué Yayé Ousmane Diallo.

Yayé Ousmane Diallo, Coordinatrice régionale de l’ONG WAFRICA à Labé

Selon elle, ces structures de veille continueront d’exister après le projet afin de maintenir le climat de protection instauré.

Des actions au cœur des communautés

En cohérence avec les orientations annoncées en février, les responsables de WAFRICA n’ont pas limité le travail au milieu scolaire. Yayé Ousmane Diallo, membre de l’équipe du projet, a expliqué :

« Nous sommes allés dans les quartiers, les ateliers de couture et les ménages pour élargir la sensibilisation. L’objectif était que les parents, les tuteurs et les jeunes eux-mêmes comprennent ce que sont les VBG, comment les prévenir et comment accompagner une victime, en particulier dans les cas de viol », a-t-elle fait savoir.

Elle rappelle également que la distribution de kits hygiéniques annoncée lors du lancement a permis de réduire les absences répétées des jeunes filles à l’école pendant leur cycle menstruel.

« Certaines élèves perdaient 5 à 6 jours de cours par mois. Aujourd’hui, grâce aux kits et aux toilettes aménagées, elles n’ont plus besoin de rentrer à la maison. Cela a un impact direct sur leur réussite scolaire », s’est réjouie Yayé Ousmane.

Des élèves mieux armées pour se défendre

Le projet a eu un effet fort sur la perception des jeunes filles concernant les VBG. Hadja Ramata Diallo, élève bénéficiaire, témoigne :

« Ce projet m’a appris comment réagir en cas de viol, comment dénoncer un harcèlement et comment aider une victime. Il a réveillé la conscience de beaucoup d’entre nous. Je remercie vraiment WAFRICA, car ce n’est pas un projet théorique : on a vu les résultats », a témoigné cette élève.

Cette appréciation rejoint les attentes exprimées lors du lancement par des participantes qui estimaient que ce projet devait créer un impact concret et durable.

Les écoles saluent un projet utile et transformateur

Au collège Hoggo M’Bouro, le directeur des études, Alseiny Diallo, se félicite du partenariat.

« Ces dix mois de collaboration ont été très riches. Si le projet pouvait être prolongé, nous l’aurions souhaité, car nous avons beaucoup appris. Grâce aux structures de veille, nous allons poursuivre les efforts pour que les acquis ne disparaissent pas », s’engage ce responsable.

Baisse des violences, recul des absences : les autorités éducatives confirment les résultats

Représentant le directeur préfectoral de l’Éducation de Labé, Hamidou Baldé a reconnu l’impact concret du programme.

« Avant ce projet, les écoles faisaient face à beaucoup de cas de harcèlement, de moqueries liées au cycle menstruel et parfois de violences plus graves. Beaucoup de ces difficultés ont nettement diminué. Les dix écoles ciblées disposent désormais de structures de veille, de kits hygiéniques et d’espaces plus adaptés pour les jeunes filles. Nous souhaitons maintenant que WAFRICA étende ces actions dans les zones rurales », plaide-t-il.

Une clôture symbolique, mais des actions qui continuent

En clôturant la cérémonie, la coordinatrice a tenu à préciser que la fin officielle du projet ne signifie pas la fin des interventions de WAFRICA.

« Le projet se termine aujourd’hui, mais nos actions ne s’arrêtent pas. Nous continuerons à accompagner les communautés, les écoles et les jeunes pour lutter contre les violences basées sur le genre. Nous remercions toutes les autorités, les partenaires et les bénéficiaires, et nous les invitons à faire bon usage des acquis », a-t-elle llancé.

Un projet lancé le 13 février 2025 et clôturé le 20 novembre de la même année, qui aura marqué les élèves, les enseignants, les parents et les communautés, en donnant aux jeunes filles les moyens de se protéger et de défendre leurs droits.

Abdoul Karim Baldé, pour Foutakameen.com

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