Située à plus d’une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de Labé, la commune rurale de Hafia fait face à d’importantes difficultés dans le secteur éducatif. En immersion dans cette localité, la rédaction de Foutakameen.com s’est intéressée aux réalités des écoles de la sous-préfecture, notamment à l’école primaire de Hafia 2.
Rencontré sur place, le directeur de l’établissement, Boubacar Téliddjé Baldé, affirme que la reprise des cours a été effective dès le 6 octobre dernier comme annoncé initialement par les autorités éducatives.
« Cette année, nous avons constaté un changement positif. Contrairement aux années précédentes où les élèves tardaient à reprendre les cours, cette fois-ci, les classes ont démarré à la date officielle d’ouverture », a-t-il indiqué.
Boubacar Télidjé Baldé, Directeur de l’école primaire de Hafia 2
Concernant les tables-bancs et les outils pédagogiques, le directeur souligne que, malgré les efforts fournis par les ressortissants, les besoins restent encore considérables.
« L’année dernière, nous avons bénéficié d’un don de tables-bancs et de livres offert par un ressortissant. Ce geste a été d’une grande aide, mais cela ne suffit toujours pas. Comme les livres sont insuffisants, nous les partageons entre les élèves. À la fin des cours, nous les récupérons pour les garder à la direction », explique M. Baldé.
À ce manque de matériel s’ajoutent le déficit d’enseignants et l’insuffisance de salles de classe. Selon lui, l’école ne compte que trois enseignants pour six groupes pédagogiques.
« Nous rencontrons d’énormes difficultés à ce niveau. Imaginez six groupes pédagogiques pour seulement trois salles de classe ! Nous sommes donc obligés de regrouper les classes. La première et la deuxième année partagent une salle, la troisième et la quatrième une autre, et la cinquième et la sixième également. Parfois, nous utilisons les locaux d’une école franco-arabe voisine, qui n’est pas fonctionnelle, pour réduire le surnombre d’élèves. En plus, nous ne sommes que trois enseignants fonctionnaires. Les autres, ce sont des contractuels communautaires que nous recrutons avec l’aide des parents », précise le directeur.
De son côté, Moussa Mouctar Baldé, délégué scolaire de l’enseignement élémentaire (DSEE) de Hafia, confirme la gravité de la situation.
« L’école primaire de Hafia 2 manque cruellement de salles de classe et d’enseignants. Pour six groupes pédagogiques, il n’y a pas assez d’espace, et l’école n’est même pas clôturée. Les enseignants sont donc contraints de regrouper deux niveaux dans une même salle. Cela peut nuire à la compréhension des élèves, mais nos enseignants ont été formés à la méthode des classes multigrades, conçue pour ce type de situation », explique ce responsable.
Moussa Mouctar Baldé, délégué scolaire de l’enseignement élémentaire (DSEE) de Hafia
Face à ces difficultés, les acteurs éducatifs de Hafia lancent un appel pressant aux autorités et aux bonnes volontés.
« Nous sollicitons l’agrandissement de l’école afin que tous les élèves puissent suivre les cours dans de meilleures conditions. Cela allégerait considérablement notre travail », plaide le directeur.
Le DSEE, pour sa part, invite les parents d’élèves à poursuivre leur implication dans la formation de leurs enfants.
« Nous demandons aux parents de continuer à soutenir l’école, notamment dans le paiement des enseignants communautaires. Nous appelons également les autorités et les bonnes volontés à nous aider à doter l’établissement en outils pédagogiques nécessaires à une formation de qualité », conclut M. Moussa Mouctar Baldé.
Abdoul Karim Baldé, pour foutakameen.com



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