Jeunes filles envoyées en ville : une forme d’exploitation silencieuse qui brise des destins

Jeunes filles envoyées en ville : une forme d’exploitation silencieuse qui brise des destins

Chaque 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes. Au-delà des commémorations, cette journée rappelle surtout les combats menés par les femmes à travers le monde pour l’égalité, la reconnaissance et le respect de leurs droits. Elle met également en lumière leurs contributions dans tous les secteurs de la société, souvent malgré les obstacles et les stéréotypes.

Cependant, un phénomène souvent passé inaperçu continue de susciter des inquiétudes : l’exploitation de certaines jeunes filles envoyées en ville. Une situation préoccupante qui reste rarement dénoncée. Est-ce parce que ce sont parfois même des femmes qui exploitent ces jeunes filles que leur souffrance est passée sous silence ? Ou parce que les victimes elles-mêmes n’osent pas en parler ?

À l’occasion de ce mois de mars dédié aux femmes, la rédaction de foutakameen.com s’est intéressée à ce sujet. Elle a rencontré Aïssatou Tiguidanké Diallo, activiste engagée, qui n’a pas manqué de dénoncer l’exploitation dont sont victimes certaines jeunes filles.

Elle attire notamment l’attention sur la situation de jeunes filles envoyées en ville sous prétexte de poursuivre leurs études. Selon elle, beaucoup d’entre elles se retrouvent finalement employées comme domestiques, sans accès à l’éducation ni à une formation professionnelle.

« Souvent, des filles venues des villages sont envoyées en ville dans des familles sous prétexte qu’elles vont étudier. Mais en réalité, elles deviennent parfois des travailleuses domestiques et ne vont pas à l’école. Cela les empêche d’apprendre un métier et de préparer leur avenir », déplore-t-elle.

L’activiste rappelle également que des procédures existent pour encadrer ce type de situation, notamment au niveau de l’administration du travail.

« Lorsqu’une fille doit travailler dans une famille, un accord doit être signé au préalable à la Direction du Travail. Malheureusement, cette procédure est rarement respectée. Pourtant, lorsqu’un accord existe, la victime peut se plaindre en cas d’abus. Sans cela, il devient difficile d’intervenir », explique-t-elle.

Le 8 mars, une journée pour toutes les femmes

Pour Aïssatou Tiguidanké Diallo, la Journée internationale des droits des femmes ne doit pas se limiter à une simple célébration symbolique.

« Le 8 mars est une journée spéciale pour toutes les femmes, pas seulement pour celles qui travaillent dans les bureaux. Aujourd’hui, nous menons des plaidoyers auprès des autorités et des institutions concernées afin de faire respecter les droits des femmes », souligne-t-elle.

À travers ces témoignages, la Journée internationale des droits des femmes apparaît ainsi comme un moment de réflexion sur les avancées réalisées, mais aussi sur les nombreux défis qui restent à relever pour parvenir à une véritable égalité.

Mamadou Dian Diallo et Aïssatou Maleya Diallo pour foutakameen.com

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